Une météorite qui fait des envieux

Frédéric Brenon
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Le morceau de météorite est tombé sur terre le 15 février 2013, en Russie.
Le morceau de météorite est tombé sur terre le 15 février 2013, en Russie. — F. Elsner/20 Minutes

Il ne pèse que 963 g, mesure à peine plus de 10 cm, mais s'affirme déjà comme l'une des pièces de collection les plus remarquables de la ville de Nantes. Un fragment de météorite tombé le 15 février 2013 en Russie a été présenté pour la première fois au public nantais samedi soir, dans le cadre de la Nuit des musées. Acquis par la ville auprès d'un « chasseur de météorites », l'étonnant objet viendra enrichir, à partir de juin, la collection de météorites du Planétarium.

Il faisait partie de la « pluie » de météorites qui s'était abattue sur la ville de Tcheliabinsk dans l'Oural. Un phénomène relayé par les journaux télévisés du monde entier et qui avait fait des centaines de blessés. « Un bloc rocheux d'une vingtaine de mètres et d'environ 650 kg s'était fragmenté en milliers de morceaux en entrant dans l'atmosphère, explique Jean-Pierre Lorand, directeur de recherche au CNRS. Une chute aussi spectaculaire, il y en a une par siècle environ. »

Son prix fait jaser


Le morceau acquis par la ville est l'un des six plus gros retrouvés dans les environs de Tcheliabinsk. «Ce sera le plus important visible par le public en Europe. Tous les autres appartiennent à des collectionneurs privés. Il est, de plus, resté en très bon état, contrairement à d'autres qui ont séjourné dans l'eau. Bien des musées nous l'envient», rapporte Véronique Dubois, directrice du Planétarium.

Outre sa vocation pédagogique, cette météorite de type chondrite pourra être étudiée par les chercheurs de l'université. Reste que son achat, pour la coquette somme de 17 100 €, a essuyé plusieurs critiques compte tenu du contexte de crise. «C'est une acquisition pour le long terme, se défend David Martineau, adjoint au maire. Même en période de crise, il est fondamental de pouvoir poursuivre notre démarche de diffusion culturelle et scientifique.» « Cette météorite est plus ancienne que la formation de notre planète, insiste Jean-Pierre Lorand. Elle renvoie à nos origines et nous aide à comprendre pourquoi la vie s'est installée sur Terre. »

■ Par petits bouts

Le Planétarium expose déjà en vitrine une collection de 26 météorites, dont trois pèsent plus de 10 kg. Il propose même d'acheter de petits fragments pour des prix allant de 5 € à 95 €.