Le « déclencheur » de l'affaire Touré se confie

David Phelippeau
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Le lendemain du match, lorsqu'il a découvert que Touré était suspendu, Jo Bonavita n'en revenait pas.
Le lendemain du match, lorsqu'il a découvert que Touré était suspendu, Jo Bonavita n'en revenait pas. — P. Pochard-Casabianca/AFP

Eplucher les PV des instances du football, c'est son dada. Dimanche 11 août, comme tous les lendemains de matchs de L1, Jo Bonavita, responsable logistique et coordinateur sportif de Bastia, s'installe devant son ordinateur au bureau du club et relève, comme il en a l'habitude, «tous les incidents de jeu et sanctions des joueurs de L1 et L2». La veille, le Sporting s'est incliné (2-0) à la Beaujoire contre le FC Nantes. Il décide ce matin-là d'aller sur le site de la Fédération française de football pour vérifier les possibles suspensions au FCN. «J'ai cliqué sur les archives de la catégorie» discipline «, se rappelle Bonavita. Le premier PV qui s'est affiché était celui d'Abdloulaye Touré du 20 juin 2013. Je me suis dit que ce n'était pas possible. J'ai tout vérifié. S'il y avait eu un appel ou si le match avait été purgé…» Il découvre alors que Touré, entré en jeu en fin de match, n'aurait pas dû participer à ce match car il était suspendu. Le lundi, il décide de prévenir la Ligue et de poser réclamation. Aujourd'hui, il tient à préciser que personne ne l'a informé comme beaucoup de gens à Nantes l'ont pensé. «Je crois que le président Waldemar Kita a dit ça une fois, explique-t-il. Mais vous imaginez des Nantais donner cette indication à des Corses ?» En attendant la décision du tribunal administratif sur le fond de l'affaire (en principe courant juin), Bastia a récupéré les trois points sur tapis vert. «Bien sûr que les dirigeants corses m'ont remercié, avoue Bonavita. Après, je n'en tire pas non plus une gloire incroyable car c'était tout simplement mon job.»