Sous la jupe, la polémique

David Prochasson

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Les élèves de 27 lycées régionaux sont invités à porter une jupe vendredi.
Les élèves de 27 lycées régionaux sont invités à porter une jupe vendredi. — F. Elsner / 20 Minutes

Inviter ceux qui le souhaitent, filles et garçons, élèves comme adultes, à porter une jupe ou un simple autocollant le temps d'une journée… Voilà l'initiative lancée en 2013 par des élèves élus au conseil académique à la vie lycéenne pour lutter contre le sexisme. Vendredi, 27 établissements de l'académie de Nantes, qui relaie l'action, se prêteront au jeu. « La jupe est un symbole pour marquer les consciences et faire valoir l'égalité sociale et professionnelle », explique Sandra Bonnet, CPE au lycée professionnel Bougainville de Nantes.

Appel à la mobilisation


La première édition, en 2013, avait été distinguée dans un concours national valorisant les innovations pédagogiques. Cette nouvelle journée, intitulée « Ce que soulève la jupe » en référence à l'ouvrage de Christine Bard, prend pour sa seconde édition un tout autre ton. Polémique cette fois. « Trop, c'est trop, s'est insurgée mercredi la présidente de La Manif pour tous, Ludivine de La Rochère. Il s'agit d'une forme de travestissement. » Alors que deux collectifs nantais appelaient à la mobilisation jeudi et vendredi, l'affaire a vite enflé sur les réseaux sociaux. Et dans la sphère politique : « On continue à diffuser des messages insidieux qui nient l'altérité sexuelle », déclarait ainsi Laurence Garnier (UMP), chef de file de l'opposition municipale à Nantes. A la sortie du lycée Clemenceau, qui participe à l'opération, les élèves semblaient bien peu saisir la polémique : « On veut juste inciter à lutter contre le sexisme, témoigne l'un d'entre eux. Avec un événement simplement drôle et marquant.»