Thierry Frère passe la main

David Phelippeau

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Le départ de Frère ne change pas le fond du problème pour la mairie.
Le départ de Frère ne change pas le fond du problème pour la mairie. — F. Elsner / 20minutes

Une page se tourne au NRB ? Le président historique du club, Thierry Frère, a annoncé lundi soir qu'il se retirait de son poste. Bruno Hervé prend les rênes du club, qui évolue en Ligue féminine. «C'est un choix personnel, explique Frère. Je laisse la présidence pour deux raisons. La première est que j'ai une entreprise de 600 salariés (C3 Consultants) dont je veux m'occuper (la société est en difficultés financières et son patron doit encore s'expliquer devant la justice). La deuxième est que je ne veux pas de collusion entre le club du NRB et ma société. Je ne veux plus d'interférence entre cette campagne médiatique dégueulasse contre moi et le club. Je ne suis plus président, plus du tout au club... J'ai seulement des amis au sein de ce dernier.» Un de ceux-là, Bruno Hervé a donc été élu récemment, lors d'un conseil d'administration, président.

400 000 € réclamés !


Le départ de Frère n'est bien sûr pas anodin. Il intervient au moment même où le club a un besoin vital d'argent. La dette du NRB est estimée à au moins 400 000 € en raison principalement du non versement de la subvention du plus gros partenaire... C3 Consultants. Problème, la mairie n'est pas du tout encline à couvrir cette dernière, qui plus est si Frère reste à la tête du club. Aussi, lors de la conférence de presse, Frère mais surtout Hervé ont martelé un message en direction de la mairie. «On demande aux collectivités une avance de subvention de 400 000 €. On a un problème de trésorerie, on sait comment le régler. On a les moyens de s'en sortir. On a un plan d'action sur deux ans.» Frère précise : «Comme le HBC Nantes, on a besoin de 400 000 €... Le HBCN a eu un accident industriel (un procès qui a coûté 376 000 €) de 400 000 €, nous aussi. Si on veut que le basket féminin de haut niveau continue à Nantes, on a besoin de cet argent. Je n'ose pas imaginer qu'à deux problèmes similaires, on ait deux réponses différentes.»

■ La Ville ne donnera pas l'argent...

Pascal Bolo, premier adjoint de la Ville en charge des finances, répond : «Le changement de président ne change rien. C'est la même équipe qui reste aux commandes. Le trou de 470 000 € n'est pas un simple manque de trésorerie, mais la conséquence du non respect des engagements de C3 Consultants. Tant que la situation de cette entreprise de Frère ne sera pas éclaircie par la justice, la Ville ne prendra pas de risque financier avec l'argent des Nantais.»