Au Cellier, Louis de Funès attire toujours autant les foules

CULTURE A côté de Nantes, le musée consacré à l’acteur fait le plein depuis mercredi

A Nantes, Julie Urbach

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Louis de Funes dans Hibernatus
Louis de Funes dans Hibernatus — Gaumont

Au bout d’un petit chemin, derrière l’imposant château de Clermont au Cellier, près de Nantes, la longue file de visiteurs pourrait en décourager plus d’un. Ce dimanche après-midi, le musée de Louis, consacré à l’acteur, et ouvert seulement depuis mercredi, enregistre plus d’une heure et demie d’attente.

«On va sûrement battre le record du 1er mai, où 400 billets ont été vendus en une après-midi», sourit Charles Duringer, à l’origine du musée. A la caisse, sa femme Roselyne raconte quelques anecdotes de la vie de l’acteur, afin de faire patienter les curieux. Si, finalement, rares sont ceux qui font demi-tour, c’est parce que beaucoup sont venus de loin admirer les 1 200 objets qui peuplent le musée, comme en témoignent les plaques d’immatriculation de toute la France.

«C’était vraiment un personnage unique»

A l’intérieur, devant une immense affiche du Gendarme traduite en tchèque, Lukas, natif du pays et en voyage dans la région, explique: «C’est tout simplement l’un des meilleurs comiques au monde! Quand j’étais petit, mon père enregistrait les films et on les regardait en boucle.» En plus de découvrir des photos, scénarios originaux ou même un authentique César, les visiteurs peuvent ouvrir des tiroirs et portes de placards qui regorgent d’objets personnels de l’acteur, la plupart confiés par sa famille. «On a par exemple retrouvé son carnet de notes où il inscrivait toutes ses idées, mais aussi le bonnet qu’il portait la veille de sa disparition, lors de son transport à l’hôpital», commente Charles Duringer.

A la fin de la visite, une petite salle de cinéma diffuse des témoignages, rushes de films cultes et petits bouts de films Super 8 tournés par Louis de Funès lui-même.. A la sortie, Maryline a le sourire: «Ses mimiques, sa façon de parler, et les répliques… c’était vraiment un personnage unique.»

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Installé dans les 190 m2 de l’orangeraie du château de Clermont, au Cellier, le musée de Louis raconte aussi le lien important qu’a entretenu le comédien avec la commune mais aussi avec la Loire. «Louis de Funès est arrivé au Cellier juste avant ses fiançailles, puis a racheté le château aux enchères pour sa femme, qui était en partie l’héritière», raconte Charles Duringer. Après y avoir passé de longues vacances d’été, pendant lesquelles il aimait s’adonner au jardinage et à la pêche sur la Loire, Louis de Funès s’y installe définitivement en 1975 jusqu’à la fin de sa vie, en 1983. «Pendant cette période, il a tissé de vrais liens avec les habitants. On l’appelait  "P’tit Louis". C’était important que cette mémoire soit partagée en ces lieux .» Aujourd’hui, le château a été vendu. Mis à part la partie consacrée au musée, il est impossible de le visiter.