Les plaintes des manifestants

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Des manifestants ont été blessés, en marge du cortège, le 22 février.
Des manifestants ont été blessés, en marge du cortège, le 22 février. — F. Elsner/20 Minutes / Archives

L'un porte un pansement sur l'œil gauche, les paupières des deux autres sont encore marquées. Deux mois après la manifestation anti-aéroport à Nantes, en marge de laquelle des affrontements ont éclaté, trois jeunes hommes dénoncent une « militarisation de la police » et l'« utilisation abusive » de Flash-Ball et autres lanceurs de balles de défense par les forces de l'ordre. Aujourd'hui, Quentin, Damien et Emmanuel, qui décrivent chacun avoir perdu l'usage d'un de leurs yeux après avoir reçu un tir, disent vouloir « se battre ». Avec celle d'un photographe indépendant – qui a, lui, été touché au thorax –, quatre plaintes contre X « pour violence volontaire avec arme » ont ainsi été déposées.

Commission d'enquête


Sur le terrain juridique, Luc Douillard, membre de l'observatoire de la démocratie locale en pays nantais, qui soutien le collectif, demande d'autres garanties. « Nous réclamons une commission d'enquête parlementaire pour connaître la vérité. Nous allons interpeller les sénateurs et les députés de Loire-Atlantique ». a-t-il annoncé mardi. L'homme n'est pas étranger à cette cause puisque son fils, Pierre, a lui aussi perdu un œil dans des circonstances similaires, en 2007. « J'ai lancé un appel aux blessés pour rompre l'isolement, et montrer qu'il ne faut pas avoir peur », appuie le jeune homme. Après la manifestation, neuf individus ont été condamnés, la plupart pour jets de projectiles contre les forces de l'ordre. J. U.