L'usine Seita sur le point de fermer

Frédéric Brenon

— 

Le site de Carquefou produit 12,2 milliards de cigarettes par an.
Le site de Carquefou produit 12,2 milliards de cigarettes par an. — F. Elsner/20 Minutes

La plus grosse usine de cigarettes en France, située à Carquefou, devrait fermer ses portes, annonce le syndicat CGT. La fermeture du site du fabricant Seita, dans le cadre d'un plan de restructuration, devrait être officialisée ce mardi à l'occasion d'un comité central d'entreprise extraordinaire. Un rassemblement est prévu à cette occasion devant les portes de l'usine qui emploie 327 personnes, des ouvriers pour la plupart.

« Nous avons eu des infos sur un plan de restructuration qui toucherait environ 400 emplois à Nantes et au centre de recherche de Bergerac, sachant qu'à Bergerac ils ne sont que 30… La direction n'a pas démenti, ce qui ne fait que confirmer nos craintes », relate Philippe Aureix, délégué syndical CGT. Installée depuis 40 ans en périphérie nantaise suite à la fermeture de l'historique Manufacture des tabacs, l'usine Seita, qui appartient au groupe anglais Imperial Tobacco, a produit l'an passé 12, 2 milliards de cigarettes blondes, essentiellement pour les marques Gauloises, Fortuna, JPS, News et Gitanes.

Bonne rentabilité


« La production pourrait être délocalisée à l'étranger, poursuit Philippe Aureix. Ce serait vécu comme une véritable injustice au vu de la rentabilité de l'usine et des milliards de bénéfices réalisés par l'entreprise. La masse salariale sur le prix d'un paquet de cigarettes représente environ 8 centimes. C'est dérisoire, ce n'est pas là-dessus que la direction fera des économies !» La baisse des ventes en France, en lien avec l'augmentation du prix des paquets, pourrait peser. «Ça ne nous affecte pas directement puisque 60 % de la production de l'usine va à l'export, assure le syndicaliste. Non, si fermeture il y a, c'est uniquement pour faire plaisir aux actionnaires et leur verser des dividendes. » « Nous serons très vigilants, prévient Christophe Clergeau, vice-président du conseil régional des Pays de la Loire. Il faut qu'a minima l'employeur assume ses responsabilités. » Sollicitée, la direction de la Seita n'a pu être jointe.

■ Lourd passé

Lors de sa reprise de la Seita en 2008, Imperial Tobacco avait déjà supprimé un millier d'emplois. « Pas mal de salariés nantais ont déjà vécu d'autres fermetures. C'est dur pour eux », confie la CGT.