Le traminot agressé innocente un suspect

Guillaume Frouin

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Stupeur ce jeudi matin au tribunal correctionnel. Le conducteur du tram agressé dimanche à l’arrêt Morrhonnière (ligne 2) met hors de cause l’un des deux suspects, qui y étaient jugés en comparution immédiate. Cédric, 23 ans, a donc été relaxé. Purement et simplement. Pas même «au bénéfice du doute», comme le réclamait le procureur.

Lors de sa garde à vue, puis lors de sa présentation au parquet, le jeune homme avait pourtant «reconnu» avoir tiré sur la cravate du traminot. Il avait d’ailleurs été interpellé sur la base de photos, extraites du système de vidéosurveillance de la Semitan. «Nous avions beaucoup bu», concède Cédric, qui «ne se souvient de rien». Quand les photos lui ont été montrées, le jeune homme a donc avoué. Car «on en contredit pas une photo», estime-t-il benoîtement.

Seulement voilà : le conducteur de tram agressé est formel. «Ce n’est pas lui qui m’a tiré la cravate, mais un métis», assure Luc devant le président du tribunal. «Lui, il a même essayé de calmer le jeu», précise la victime.

Une «honnêteté» que saluent les deux avocats des prévenus. «Il y a eu abus de comparution immédiate», en conclut Me Loïc Cabioch. «L’enquête n’était pas aboutie, l’un des protagonistes n’a pas été retrouvé.»  Surtout que les deux suspects étaient jusque-là inconnus des services de police.

Inconnu mais pas pour autant innocent, le second prévenu - 23 ans ans lui aussi - a pour sa part été condamné à six mois de prison avec sursis. Lui a bel et bien asséné plusieurs coups de poing au visage du conducteur de tram, sorti de sa cabine pour un signal d’alarme abusivement tiré. Il s’agit de la 22e agression – physique ou verbale – d’un traminot depuis le début de l’année, selon l’avocat de la Semitan.