Un nez rouge antidouleur

Julie Urbach

— 

Olivier (à droite) et Tayeb sont clowns au CHU depuis neuf et dix-sept ans.
Olivier (à droite) et Tayeb sont clowns au CHU depuis neuf et dix-sept ans. — J. Urbach / 20 Minutes

Il rentre dans la chambre, feint de se cogner et pousse un grand cri. « Aïe, j'ai mal, vous croyez qu'il y a des docteurs ici ? » Eclats de rire, comme souvent. Depuis près de vingt ans, quatre jours par semaine, une dizaine de clowns de l'association Le Rire Médecin (présente dans une dizaine de villes de France) se relaient pour venir divertir les jeunes patients du CHU de Nantes. Ce jeudi, Olivier et Tayeb enchaînent leurs gags au service oncologie. « On utilise souvent le ressort du clown qui se fait mal : ça décharge l'enfant, car il ne se sent plus tout seul à souffrir », explique Olivier.

Soumis au secret médical


Derrière leurs jeux de mots et autres saynètes improvisés, se cache une solide formation en théâtre, mais aussi en santé. Car chaque matin, avant de commencer la tournée des chambres, ces comédiens professionnels soumis au secret médical recueillent l'état de santé de leurs jeunes spectateurs. « Cela permet de ne pas faire de bêtise, et d'adapter notre comportement à l'enfant, surtout lorsqu'on accompagne des soins particuliers », explique Tayeb. Ainsi, si les deux clowns n'hésitent pas à mettre le bazar dans la salle de jeux avec des enfants ravis de participer, ils savent aussi se contenter de quelques notes à la guitare, lorsqu'il n'en faut pas plus. « Ça apaise », témoigne une maman. Car les parents ne sont pas oubliés dans la démarche du Rire médecin. «Ce sont souvent eux les plus angoissés, juge Olivier. Si on arrive à les détendre, ils auront un lien plus apaisé avec leur enfant et le soin se passera forcément mieux. Et nous, on aura gagné ».