Le Breil-Malville fait peu à peu sa mue

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Démarrée en 2000, la réhabilitation du Breil-Malville est aujourd'hui quasiment aboutie. La tâche n'était pas mince. Construit au début des années 1960, en grande partie pour accueillir les rapatriés d'Algérie, le quartier n'avait quasiment pas évolué depuis. Il avait même lentement décliné. La mairie de Nantes a donc impulsé au début de la décennie un projet de rénovation en quatre volets.

Le premier, c'est la construction d'un nouveau centre commercial en 2003. « Ouvert sur la rue Coubertin, au sud, il a permis de capter une clientèle de passage, note Sophie Alperte, chargée de quartier. Il fonctionne bien maintenant, contrairement à l'ancien qui était plus enclavé. »

Deuxième phase : la réhabilitation de l'habitat, dont les deux tiers sont aujourd'hui achevés. Les barres ont fait peau neuve. Certaines ont même été en partie démolies, pour ouvrir la cité sur l'extérieur. Ainsi la rue Feyder a été prolongée jusqu'au centre commercial, en cassant le porche qui la surplombait.

Mais si les extérieurs présentent un aspect beaucoup plus attractif, la rénovation intérieure semble, elle, poser quelques problèmes. La Confédération nationale du logement (CNL), qui défend les locataires, a relevé de gros défauts dans le système d'aération naturelle qui a été choisi. « On a visité une bonne partie des appartements rénovés, précise Gaston Boursier, le représentant de la CNL. La moitié sont humides, avec des traces noires sur les murs. Une dame avait même un centimètre de moisissure sur ses murs, et sa fille a fait de l'asthme. » Nantes Habitat, gestionnaire de ces logements, assure réfléchir à des « solutions ».

Troisième et quatrième volets de la réhabilitation, la restructuration des espaces publics. Des squares et des aires de jeux ont poussé un peu partout. Le nouveau centre socioculturel a rouvert mardi, avec notamment une ludothèque et un atelier bricolage. Mais cela ne sera peut-être pas suffisant pour redynamiser le Breil-Malville, qui « n'est pas en crise ou en déclin, mais pas en plein boum non plus », résume François de Rugy, élu (Verts) du quartier.

Stéphanie Lacaze