Les propriétaires des bords de l'Erdre résistent

Frédéric Brenon

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Sur les bords de l'Erdre, dimanche.
Sur les bords de l'Erdre, dimanche. — F. Elsner/20 Minutes

Près de 200 marcheurs ont participé dimanche matin à une nouvelle randonnée militante en faveur du libre accès aux rives de l'Erdre, en application de la loi dite de servitude de marchepied. Malgré la condamnation de trois propriétaires par le tribunal administratif fin janvier, certains accès à la rivière sont en effet toujours barrés par des obstacles (branchages ou clôtures). Les propriétaires considèrent que ces rives sont privées. Ils ont pourtant été sanctionnés de 1000 € d'amende et sont désormais menacés d'une astreinte de 100€ par jour si les obstacles restent.

Recours en attente


« Nous avons déposé une requête de sursis à exécution et, dans l'attente, nous considérons que nous n'avons pas à permettre le passage, justifie Olivier de Böuard, propriétaire du château de la Poterie, à la Chapelle-sur-Erdre. Nous trouvons inadmissible qu'on réclame à s'introduire chez les gens de la sorte. Les bords de l'Erdre sont un environnement sensible que nous n'imaginons pas voir détruit par des milliers de marcheurs. » De son côté, le collectif L'Erdre pour tous ne décolère pas. « Ce qui se passe est incroyable, s'agace Yves Piffard, porte-parole. Il y a eu une décision de justice donnant tort aux propriétaires. La préfecture traîne les pieds, nous dit d'être patients, alors que c'est à elle de faire appliquer la loi. Il ne peut y avoir d'autre issue. » Le collectif de marcheurs annonce une manifestation samedi devant la préfecture.

■ Optimisme

« Bien évidemment, la préfecture souhaite que la loi de servitude de marchepied s'applique. Je suis persuadé que la raison va l'emporter et qu'au final les propriétaires retireront les obstacles », estime le sous-préfet Mickaël Doré, chargé du dossier.