Serge Charnay, le «papa perché», envoyé en prison

JUSTICE Le «papa perché» de l'île de Nantes condamné pour avoir soustrait son fils à sa mère...

Frédéric Brenon

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Serge Charnay s'était retranché sur la grue Titan jaune il y a un an pour revendiquer l'égalité des pères et des mères en cas de séparation.
Serge Charnay s'était retranché sur la grue Titan jaune il y a un an pour revendiquer l'égalité des pères et des mères en cas de séparation. — Archives F. Eslner/20 Minutes

Serge Charnay ne devrait plus faire de coup d'éclat de sitôt. Le « papa perché », qui avait défrayé la chronique pour s'être retranché en haut de la grue Titan jaune pendant quatre jours en février 2013 puis au sommet des grilles du palais de justice pendant deux jours en octobre, à chaque fois pour réclamer le droit de voir son fils, a été condamné mardi par le tribunal correctionnel de Nantes à quatre mois de prison ferme pour « soustraction d'enfant ».

Ce père divorcé de 43 ans, domicilié à Orvault, avait été arrêté dimanche dans le Puy-de-Dôme pour ne pas avoir ramené son fils de 7 ans à sa mère la veille comme prévu. Or Serge Charnay, dont le droit de visite progressif se limitait à un samedi sur deux et un mercredi sur deux, s'était déjà rendu coupable de trois soustractions d'enfant similaires, dont une de trois mois et demi en 2011. « Je demande seulement à partager le quotidien de mon fils. Cet enfant peut être confié à n'importe qui sauf à son papa et je ne comprends pas pourquoi. Je n'en veux pas à sa mère, pour moi la justice est responsable », a-t-il expliqué aux juges.

 

 

Huit mois supplémentaires

 

 

«J'espère que cette condamnation permettra enfin à M. Charnay de se comporter comme un adulte. Il pense qu'il est victime, sans voir que la justice a fait preuve jusqu'à présent de beaucoup d'indulgence », estime Franck Boezec, avocat de la mère. La situation de Serge Charnay s'est d'autant plus assombrie mardi qu'il s'est vu notifier une autre peine de prison, de huit mois ferme celle-ci, liée à la révocation d'un sursis avec mise à l'épreuve prononcé par le tribunal de Saint-Nazaire : le père divorcé ne se présentait pas aux rendez-vous de la justice. Il peut faire appel des deux sanctions.