Côtoyer Cresus contre l'endettement

©2006 20 minutes

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Ouverte depuis seulement quatre mois à Nantes, la Chambre régionale du surendettement social (Cresus)* a déjà reçu plus de deux cent soixante personnes. « Le nombre de surendettés augmente chaque année », observe Stéphane Briaud, trésorier au sein de la Chambre. Lors d'un entretien individuel et gratuit, un juriste spécialisé analyse la situation de la personne et lui prodigue des conseils juridiques. « On peut aider à déposer un dossier de surendettement ou réorienter vers un conciliateur », indique-t-il.

Patrick, 30 ans, endetté à hauteur de 7 500 e, a connu Cresus par une assistante sociale. « Ça n'est jamais évident d'exposer son cas. Le surendettement, c'est psychologiquement très difficile à vivre. Cresus m'a permis de faire le tri parmi mes créanciers et de définir les priorités. Je suis prêt à régler mes dettes, mais il faut me laisser le temps de les payer. » Son histoire ressemble à beaucoup d'autres. « J'avais une femme, un travail et un enfant à venir... J'ai perdu mon emploi suite à une restructuration. Les crédits à la consommation sont tombés, puis ont commencé les problèmes pour payer les impôts. Petit à petit, les frais se rajoutent. Arrivent ensuite les courriers de menaces : huissiers, sociétés de recouvrement... Vous ne savez pas comment réagir. » « Il y a des gens qui n'ouvrent pas leur courrier pendant six mois, suite à un souci familial », précise Stéphane Briaud. Pour s'en sortir, « il faut de la volonté associée à une aide efficace », assure Patrick.

J. Pailloux

* Tél. : 02 40 72 40 05.

Le surendetté-type reçu par Cresus a entre 40 ans et 49 ans, est au chômage, marié, avec un enfant, habite Nantes, Saint-Herblain, Vertou ou Rezé. Il est victime de sa surconsommation, d'une dette de loyer ou des charges courantes.