«On reste méfiants, tout n'est pas encore rose»

Propos recueillispar David Phelippeau
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Romain Gaudin (au centre) de la BL.
Romain Gaudin (au centre) de la BL. — F. Elsner / 20 Minutes


On le sollicite depuis plusieurs mois pour réaliser son portrait. Mais Romain Gaudin, le capo de la Brigade Loire (celui qui fait chanter), traîne des pieds car il ne veut pas se mettre en avant et préfère qu'on parle de son groupe d'ultras. Dimanche, la BL (700 membres) fêtera ses 15 ans lors du derby FCN-Rennes. L'occasion rêvée donc de donner la parole à cet étudiant en droit public, Nantais âgé de 24 ans, qui consacre une partie de sa vie à son club…


C'est quoi, l'esprit de la BL ?


On supporte le club partout et toujours par des chants, des tifos, des drapeaux ou des fumigènes quand on ne se fait pas taper sur les doigts. On consacre son temps et une partie de son argent. On est aussi là pour descendre le club quand les intérêts de ce dernier sont en péril, comme on l'a fait ces dernières années. On a toujours voulu être indépendants financièrement du club pour garder notre sens critique.


Pourquoi avez-vous décidé de reprendre les encouragements en janvier 2012 ?


On était dans la contestation pure et dure depuis deux ans et demi. Il y a eu à ce moment-là des départs de parasites comme Larièpe, Praud ou  Favard. On a décidé de mettre de l'eau dans notre vin et de tirer l'équipe vers le haut en reprenant nos encouragements. On reste méfiants à l'égard de la direction. Tout n'est pas encore rose à Nantes. Je trouve même qu'on a été indulgents depuis cet été au regard des affaires Bangoura ou Touré…


Rennes, dimanche (17 h),  c'est un match que vous attendez ?


Ça reste un derby contre une équipe proche géographiquement. Mais les vrais rendez-vous sont contre Bordeaux ou Saint-Etienne. Historiquement et sportivement, ces duels évoquent plus de choses que des matchs contre Rennes. De plus, les tribunes ont plus de répondant à Bordeaux ou Saint-Etienne qu'à Rennes…