Forte baisse des paris hippiques

Frédéric Brenon

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Les chevaux auraient-ils moins la cote ? Après quinze années de croissance ininterrompue, les paris hippiques s'affichent en nette baisse dans l'ouest de la France, a annoncé mardi le PMU, seul gestionnaire de l'activité. Si près de 122 millions d'euros ont été misés l'an passé par les parieurs de Loire-Atlantique dans les points de vente traditionnels, ce volume est en déclin de 8, 3 %. A l'échelle du Grand Ouest, il chute de 4, 7 % (1, 4 milliard d'euros d'enjeux). La vente de paris hippiques directement sur Internet, à l'inverse, se porte mieux. Mais elle ne représente pas plus de 10 % de l'activité.

Concurrence accrue


« La principale explication tient à la crise économique qui frappe lourdement le secteur des loisirs, analyse Renaud de Villeneuve, directeur de la région Ouest au PMU. On subit aussi la concurrence des paris sportifs et du poker en ligne, qui séduisent particulièrement les jeunes et les femmes. » « Des points de vente ont fermé en Loire-Atlantique et ceux qui ont rouvert n'ont pas retrouvé le même niveau d'activité. On observe aussi une légère diminution de nos parieurs importants», déplore Catherine Guezet, directrice de l'agence de Nantes.

Dans un département où « la culture hippique est forte » – la Loire-Atlantique compte 12 hippodromes –, le PMU vise donc la reconquête pour 2014. Elle passera notamment par le « déploiement d'écrans d'informations dans les points de vente » et par le développement de services numériques. « Il nous faut séduire une nouvelle clientèle », insiste Catherine Guezet. Les trois quarts des parieurs de l'ouest sont en effet des hommes, âgés de plus de 40 ans. Le pari moyen s'élève à 10, 60 €.

■ Les courses, elles, attirent davantage

Si les paris s'essoufflent, les courses attirent paradoxalement davantage de public. L'hippodrome de Nantes a vu ainsi sa fréquentation progresser de 38 % entre 2012 et 2013! « Il y a de plus en plus de promeneurs pour qui l'hippodrome est la sortie du week-end. L'ambiance est plus familiale qu'avant », constate Michel Bodiguel, président de la société des courses de Nantes. L'hippodrome accueillera cette année 31 réunions hippiques.