«La Folle journée, c'est le Woodstock du classique »

Recueilli par Frédéric Brenon

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Michèle Guillossou, 61 ans, est avec René Martin la tête pensante du festival.
Michèle Guillossou, 61 ans, est avec René Martin la tête pensante du festival. — F. Elsner/20 Minutes

Pièce essentielle de la Folle journée, Michèle Guillossou, directrice générale, livre son regard sur l'évolution du festival de musique classique, qui fête sa 20e édition.

Les souvenirs de vingt éditions. « C'était un pari fou tellement c'était novateur. La veille de la première Folle journée en 1995, on était inquiets au possible. On n'avait même pas distribué la moitié des billets. Les médias nationaux étaient distants. Et puis le décollage a été fulgurant. J'en garde un souvenir ému, tout comme ces rencontres fortes avec certains artistes comme Anne Queffélec ou Brigitte Engerer, ou même ce rapport particulier avec le public de fans la nuit précédant l'ouverture de la billetterie. »

Les raisons du succès. « La qualité des concerts compte, bien sûr, mais l'unicité de lieu y est aussi pour beaucoup. Il y a la foule, la joie… Le public et les artistes se croisent entre les salles dans une proximité unique. C'est un peu le Woodstock de la musique classique ! C'est ça qui plaît. »

La fierté nantaise. «J'aimerais que les Nantais soient aussi fiers de leur Folle journée que de leur club de foot. Et je crois qu'on n'en est pas loin aujourd'hui. Même pour ceux qui n'y vont pas, c'est une fierté que de savoir que les projecteurs vont être braqués sur Nantes pendant une semaine. Je pense aussi qu'il existe une génération Folle journée. Celle que nous avons éduquée depuis 1995, qui venait avec ses enseignants et parents, revient avec plaisir et transmet à son tour. »

Un avenir moins classique. « Le festival est arrivé à maturité. Mais pour ne pas s'user, il doit s'ouvrir à de nouvelles formes d'expression musicales. Le virage amorcé cette année, avec des comédies musicales et musiques de films, doit être confirmé. Moi, je rêve d'une Folle journée rock ! Une Folle journée purement contemporaine, extrêmement branchée, ce serait chouette ! Etablir des ponts avec d'autres structures nantaises est aussi une piste que nous étudions. »