Etre écolier en temps de guerre

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L'une des archives de l'exposition.
L'une des archives de l'exposition. — Archives municipales de Nantes

Depuis cette semaine et jusqu'au 20 avril, le château des ducs de Bretagne offre un témoignage inédit du quotidien des écoliers nantais pendant la première guerre mondiale. Des photos, devoirs, dessins et témoignages ont été retrouvés dans sept registres, conservés jusque là aux Archives municipales de Nantes. « C'est Paul Bellamy, le maire, qui avait demandé aux directeurs des 44 écoles maternelle et primaire nantaises de rédiger un rapport. Cette collection est unique », indique Véronique Guitton, commissaire de l'exposition.

« A l'école de la guerre » montre les conséquences d'une vie familiale complètement chamboulée par le départ des pères au combat et des mères dans les usines. Les élèves sont livrés à eux-mêmes, l'absentéisme et l'alcoolisme se développent, et l'école devient alors le « centre moral de la patrie » : on apprend la lecture avec des mots de guerre, la géographie via la carte des pays Alliés et le tir est même enseigné aux enfants en cours de gym, lorsque les établissements scolaires ne sont pas réquisitionnés. « Les petits Nantais étaient vraiment proches de la guerre, même si la ville n'a pas connu les combats », résume la commissaire. Julie Urbach