La tête dans les toilettes du futur

Guillaume Frouin

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Après être entré chez Wirquin, vous ne verrez plus jamais votre lunette de WC du même œil : le fabricant d'accessoires sanitaires – qui emploie 1 400 personnes dans le monde, dont 320 personnes à son siège de Carquefou – se creuse la tête constamment pour se démarquer des contrefaçons. Son premier best-seller fut ainsi, en 1995, un mécanisme de double chasse d'eau, surnommé par son PDG le « ππ K K »… Autrement dit : le « Pi-Pi-Ca-Ca ». « On l'a écoulé à 40 millions d'exemplaires », raconte très sérieusement Daniel Le Coënt, 67 ans, qui a fondé la société en 1977. « Mais ça a aussi été le produit le plus copié, surtout par les Chinois… » Pour être compétitif, Wirquin s'est donc implanté en Chine… où le groupe français a commencé par batailler trois ans en justice pour récupérer son nom, déposé par un contrefacteur. Depuis, il a innové dans bien d'autres domaines : Wirquin commercialise ainsi une lunette de WC qui retombe en douceur.

Pas de pipi sur la lunette


« Les abattants qui claquent sont la première source de bruit dans les hôtels la nuit », explique Daniel Le Coënt. Celui-ci a également ressorti des cartons son WaterBe, qui avait pourtant fait un flop il y a vingt-cinq ans. Le concept ? Un lavabo à la place du réservoir des WC, pour se laver les mains tout en économisant l'eau. L'homme a aussi imaginé une lunette de toilettes en partie découpée, pour que la dernière goutte de pipi des messieurs ne tombe pas dessus… Il réfléchit encore à mettre au point des toilettes spéciales pour les maisons de retraite, où leurs personnels n'auraient pas à nettoyer les fesses de leurs résidents. « C'est la principale raison de turn-over des effectifs », observe le patron de Wirquin.

■ Une page en passe de se tourner

Daniel Le Coënt va passer la main en janvier à ses deux fils Gwenhael (39 ans) et Grégory (41 ans), qui dirigent respectivement les usines anglaise et chinoises de Wirquin. Le groupe – lancé sur la base du magasin de sanitaires que tenait son beau-père Henri Wirquin dans le quartier Mellinet – dispose ainsi d'une dizaine de sites à l'étranger. Le premier rachat a été celui en 1999 d'une ancienne société d'Etat roumaine, un fabricant de robinets de Bucarest.