Nantes: Etre rémunéré pour rouler à vélo

SOCIETE Ecovélo prépare le lancement de bicyclettes publicitaires conduites par des particuliers

Frédéric Brenon

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Sebastien Bourbousson est le directeur de Ecovelo, qui lance les vélos publicitaires
Sebastien Bourbousson est le directeur de Ecovelo, qui lance les vélos publicitaires — F. Elsner/20minutes

Etre payé pour se promener ou se rendre à son travail à vélo ? Un rêve qui pourrait bientôt devenir réalité pour de nombreux cyclistes urbains. La jeune société nantaise Ecovélo veut en effet créer la sensation en étant la première à déployer dans les rues un réseau de bicyclettes publicitaires… pilotées par des particuliers. «L'idée c'est que le vélo sert de support pour diffuser des campagnes de pub. On l'équipe pour cela d'enjoliveurs sur les roues, d'un cache-cadre central et d'une pancarte sur le panier. Le cycliste est rémunéré en fonction de son utilisation », explique Sébastien Bourbousson, créateur du concept.

Jusqu'à 200 € par mois

Mesurée par un système GPS embarqué, la rémunération tient compte des kilomètres et heures effectués, mais aussi des lieux fréquentés. «On gagnera plus en circulant en hypercentre plutôt qu'en périphérie, en stationnant dans la rue plutôt que dans un garage. C'est la visibilité qui compte. A partir de là, les utilisateurs peuvent espérer gagner de 20 € à 200 € par mois.» Le dispositif, qui offre en plus la liberté de choisir sa campagne, a toutefois une contrepartie : il faut acheter le vélo via une formule crédit-bail coûtant 27 € par mois pour un VTC de base (par exemple) et s'engager pour au moins six mois. «Mais au bout d'un an, le vélo vous appartient à 100 %. Et si vous n'en voulez plus, on s'engage à le racheter», promet Sébastien Bourbousson.

Nantes et Paris en 2014

Le projet a en tout cas déjà séduit 120 candidats nantais (étudiants en majorité) qui ont réservé leur monture. Entièrement « made in France », elle leur sera livrée équipée par des établissements d'insertion. Le lancement du service est prévu avant l'été 2014 sur Nantes, où jusqu'à 500 cycles sont envisagés à moyen terme. Le déploiement se poursuivra ensuite à Paris à partir de la rentrée, puis dans les dix plus grandes villes françaises en 2015 « si les annonceurs suivent ».

Sur ce point ô combien important, le créateur d'Ecovélo s'avoue confiant. « Nous avons reçu beaucoup de marques d'intérêt, confie-t-il. Le vélo est un moyen de communication innovant, écologique, qui peut se positionner partout, y compris là où ne sont pas les panneaux d'affichage traditionnels. A l'heure où les cyclistes investissent les villes, le contexte nous est clairement favorable. Ça n'aurait pas été possible il y a dix ans. »