La ville se fâche contre les tags

Frédéric Brenon

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Parfois délicat, le nettoyage du mur est effectué de manière systématique.
Parfois délicat, le nettoyage du mur est effectué de manière systématique. — F. Elsner/20 Minutes

Peu importe qu'ils soient artistiques ou laids, petits ou voyants : Nantes métropole a décidé de hausser le ton contre les graffs et tags sauvages. Une recrudescence du phénomène est en effet constatée depuis près de deux ans. Le volume de surfaces nettoyées a ainsi plus que doublé, atteignant l'an passé 138 000 m2, l'équivalent de vingt terrains de football. Le nombre de plaintes est également en augmentation, selon la police.

Nettoyage à la demande


« On est confrontés à une sorte de concours malsain entre tagueurs, regrette Pascal Pras, vice-président de Nantes métropole. Ils dégradent l'image de la ville et développent donc le sentiment d'insécurité. Ils représentent également un coût important pour la collectivité. » Pas moins de 1, 2 millions d'euros ont ainsi été dépensés en 2012 pour effacer ces marques sur les murs. Car l'objectif de la métropole est bel et bien de nettoyer systématiquement et le plus vite possible, et ce afin de « décourager les auteurs ». Une équipe de treize personnes est affectée spécialement à cette mission dans le centre-ville. Pour le reste de l'agglomération, un nouveau prestataire privé s'apprête à être engagé. Avec pour but « l'enlèvement de tags dans un délai maximal de deux semaines ».

« Nos équipes interviennent même sur les bâtiments privés. C'est à la demande du propriétaire, et c'est gratuit. Notre seule limite est une hauteur de 3 m, pour ne pas mettre nos agents en danger », précise Bertrand Pras. Pour freiner les vocations, le service de nettoyage anti-tag reçoit régulièrement les tagueurs condamnés à des travaux d'intérêt généraux (TIG). Et pour apaiser les plus frustrés, Nantes métropole met à disposition une quinzaine de sites « libres d'expression ».

■ Des « signatures » à recouper

Les photographies de chaque tag ou graff découvert sont transmises à la police. Elles permettent d'alimenter une base de données centralisée destinée à réaliser des recoupements entre les signatures. «Mais il n'est pas toujours facile de les relier à leurs auteurs, confie le commissaire Maxence Creusat. L'idéal est donc le flagrant délit. On en a fait une cinquantaine en 2012, de nuit surtout. » Les fautifs risquent une amende de 1500 € à 3000 €.