Les caravanes de la discorde au Zénith

Guillaume Frouin

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Les voitures des salariés et des clients des entreprises de la zone d'Ar Mor doivent se garer entre les caravanes.
Les voitures des salariés et des clients des entreprises de la zone d'Ar Mor doivent se garer entre les caravanes. — F. Elsner / 20 Minutes

Les entreprises du parc d'activités Ar Mor, près du Zénith à Saint-Herblain, sont excédées : une centaine de caravanes de gens du voyage occupent les parkings publics de la zone, où sont censés se garer leurs salariés et visiteurs. Un phénomène qu'elles toléraient à la création de la ZAC en 2008, mais qui leur pose de plus en plus problème au fur et à mesure qu'elle se remplit... « Odeurs d'excréments », « eau et électricité détournées » et « sacs poubelles en vrac » sont ainsi leur quotidien.

Des prunes pour les salariés


« Nos salariés réagissent très vivement, ils attendent que les CRS ou l'armée interviennent », s'exaspère Christophe Collignon, directeur de IMA Technologies, un centre d'appels qui emploie 380 personnes. Contraints de se garer en-dehors des parkings, certains employés reçoivent en effet des amendes... D'autres ont « peur d'aller chercher leurs voitures le soir », bien qu'il n'y ait jamais eu d'agression.

« On n'a absolument rien contre les gens du voyage, mais il y a un laisser-aller des pouvoirs publics, qui ne se rendent pas compte des problèmes que cela pose pour l'économie », ajoute Christian Dufour, vice-président de l'association des entreprises de la ZAC. « Quand vous faites visiter des bureaux à un dirigeant qui veut s'installer ici, et qu'il voit ces caravanes, il dit tout de suite non », explique ce professionnel de l'immobilier d'entreprise. Les courriers recommandés ou les demandes de table ronde à la préfecture, Nantes métropole ou la mairie de Saint-Herblain seraient ainsi restés lettre morte. « Quand il y a une inauguration ils sont là, mais dès qu'il y a un problème, il n'y a plus personne », grince Christophe Collignon.

■ Pas de caméras de vidéosurveillance

La préfecture a eu une réunion le 17 octobre sur le sujet avec la CCI. « Nous procédons à des évacuations, mais elles ne seront efficaces que si les entreprises mettent en place des moyens pour sécuriser la zone », expliquent les services de l'Etat. « On a voulu installer des caméras de vidéosurveillance à nos frais, sur les terrains publics, mais cela nous a été refusé », rétorque Stéphane Bézias, président de l'association des entreprises de la ZAC.