La place Graslin passée au crible

Frédéric Brenon
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Pavés, candélabres, vasques et fontaine font désormais face au théâtre.
Pavés, candélabres, vasques et fontaine font désormais face au théâtre. — F. Elsner/20 Minutes


Elle ne sera inaugurée que le 5 décembre. Pourtant, après onze mois de travaux de transformation, la nouvelle place Graslin est déjà quasiment terminée. Les piétons peuvent fouler le site désormais recouvert de pavés. La circulation, limitée aux rues Racine et Piron, a même repris. Restent les commentaires des Nantais, nombreux et variés. Florilège.

L'esthétique globale. La majorité des avis sont enthousiastes. « Enfin, on a une place digne de ce nom et pas un vulgaire rond-point », se félicite Maryse, 56 ans. « On pose d'un coup un autre regard sur cette place. Elle paraît plus grande, plus chic. L'aménagement des rues voisines est également très sympa », juge Michel, 63 ans. Steevy, 23 ans, trouve que « ça met bien en valeur le théâtre, l'un des rares beaux monuments de la ville ». « J'ai hâte de voir ce que ça donne avec la fontaine en marche », ajoute-il. Plusieurs Nantais considèrent toutefois le rendu « trop minéral »,  « trop froid ». « C'est à l'image de la ville », assène Mathilde, 39 ans. « J'ai peur que ça manque d'animations, un peu comme la place Royale », complète Vincent, 32 ans.

Le choix du mobilier urbain. Les étonnants lampadaires, évoquant les lustres du théâtre, sont diversement appréciés. « Ce n'est pas classe, c'est kitsch », critique une commerçante. « Ça fait un peu toc », estime David, 33 ans. « Là ils ont complètement craqué », se marre Loïck, 19 ans. « Moi je les trouve pas mal, rétorque Magali, sa copine. Ça change de ce qu'on voit partout. » Les vasques de fleurs, énormes, suscitent parfois la même interrogation. « Ils ont dû avoir un prix sur les gros modèles », rigole toujours Loïck. « Quand elles seront fleuries ce sera somptueux, est persuadée Magali. En attendant, c'est vrai que c'est assez bizarre. » Plusieurs passants observateurs relèvent aussi, à regret, l'absence de bancs ou d'appuis-vélos.

La réduction de la circulation. La disparition des milliers de voitures semble réjouir le plus grand nombre. « C'est apaisé, on respire », résume Michel. Maryse aurait même préféré que « tout soit piéton ». Le maintien d'un flux automobile entre potelets « gâche un peu ». Un commerçant proche de la place n'est pas du tout de cet avis. « Les clients nous fuient ! Ça ne fait plaisir qu'aux bobos écolos cette affaire. Pour tuer le centre-ville, il ne fallait pas s'y prendre autrement ! »