Un mystérieux cambriolage

FAITS DIVERS Les opposants au projet d'aéroport sont pointés du doigt...

Guillaume Frouin

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Frédéric Melki, président de Biotope.
Frédéric Melki, président de Biotope. — F. Elsner / 20 Minutes

Ce week-end, Biotope a été victime d'un curieux cambriolage. Des dossiers, des disques durs ou bien encore un serveur local ont été volés dans les bureaux anonymes de cette « agence d'ingénierie écologique et environnementale », situés dans une tour de Beaulieu. L'enquête est ultrasensible : la société avait fait des études sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Un cercueil à son domicile

Des tags en rapport avec la ZAD (Zone d'aménagement différé) ont d'ailleurs été inscrits sur ses murs. Biotope avait aussi été victime en 2011 d'un envahissement de ses précédents locaux, à Rezé, par une trentaine de « zadistes » cagoulés… Ses ingénieurs, cible de jets de pierres lors de leurs déplacements à Notre-Dame-des-Landes, devaient ainsi travailler sous protection policière. Frédéric Melki, fondateur de cette société qui emploie 250 personnes en France, a lui-même reçu « un petit cercueil avec des ossements pourris » chez lui. « On n'est pas des ennemis de l'écologie, bien au contraire : si on travaille sur des projets d'aménagement, c'est pour les rendre meilleurs », s'exaspère-t-il.

Problème : sa société ne travaille plus sur le dossier Notre-Dame-des-Landes « depuis un an ». « Ce vol n'aura aucun effet sur le projet d'aéroport : tous nos travaux ont déjà été rendus publics », affirme ainsi l'intéressé. En outre, aucune trace d'effraction n'a été relevée sur les locaux de Biotope, dont l'accès se fait par un digicode. La société n'exclut donc pas une « complicité » avec un homme avec qui elle est en conflit actuellement aux prud'hommes. « Cette personne est en lien avec les opposants au projet d'aéroport, on le sait », affirme Frédéric Melki. « Elle nous voue une vraie haine, et cherche à nous nuire d'une façon incroyable. »

■ Bruxelles

La subvention de 150 millions d'euros accordée par l'Etat à Vinci est conforme aux règles européennes, a annoncé mercredi Bruxelles. Une nouvelle saluée par les partisans du projet d'aéroport.