La maintien aurait un prix

Frédéric Brenon

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La DGAC s'est penchée sur l'éventuel maintien de l'actuel aéroport nantais.
La DGAC s'est penchée sur l'éventuel maintien de l'actuel aéroport nantais. — F. Elsner / 20 Minutes

«Oui, il est possible de faire passer 9 millions de passagers sur Nantes-Atlantique. Mais ça coûterait très cher et présenterait de grosses difficultés. » C'est ce qu'a conclu mercredi la direction générale de l'aviation civile (DGAC) à l'issue de la présentation d'une étude portant sur le réaménagement de l'actuel aéroport. Cette évaluation, qui était une demande de la commission de dialogue sur le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, révèle que maintenir Nantes-Atlantique coûterait jusqu'à 685 millions d'euros (hypothèse haute de 9 millions de passagers annuels). Un chiffre à comparer aux 807 millions d'euros de Notre-Dame-des-Landes pour un trafic similaire.

Les opposants satisfaits


« Pour un coût à peine plus élevé, on peut faire un aéroport neuf, plus performant car doté de deux pistes, et occasionnant moins de nuisances », analyse Paul Schwach, directeur du transport aérien à la DGAC. L'étude avance qu'il faudrait bien sûr agrandir l'aérogare de Nantes-Atlantique mais, surtout, refaire intégralement la piste en vue de l'allonger et de la renforcer. Cela nécessiterait d'acquérir des terrains au sud et de subir six mois de travaux, dont trois avec interruption de trafic. Autant de désagréments qui pourraient faire grimper à terme la facture jusqu'à 825 millions d'euros, estime la DGAC.

Le collectif des élus opposés à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (CeDpa), l'Acipa ou Europe écologie se sont déclarés « satisfaits » de constater que le réaménagement de Nantes-Atlantique « est possible ». « Ça fait dix ans qu'on nous assurait l'inverse », rappelle Françoise Verchère. Les opposants ont toutefois vivement critiqué les chiffres avancés par l'étude. Ils dénoncent des choix trop ambitieux « n'ayant d'autre but que d'alourdir le coût de Nantes-Atlantique » et ainsi « justifier un transfert ». La fermeture de la piste pour travaux pendant trois mois est également jugée « surréaliste ». Une contre-réunion avec la DGAC est prévue le 27 novembre.

■ Jusqu'où grimpera le trafic ?

L'aéroport Nantes-Atlantique a accueilli l'an passé 3,6 millions de passagers et devrait approcher les 3,8 millions en 2013. La DGAC estime que le trafic aérien à Nantes pourrait avoisiner 5 millions de passagers en 2020, 6 millions en 2030 et 9 millions en 2050. L'accueil dans l'actuelle aérogare ne serait « plus convenable » au-delà des 4,3 millions de passagers annuels.