Les geeks vont revisiter le musée

Guillaume Frouin

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Christophe Courtin est le responsable des projets numériques au château.
Christophe Courtin est le responsable des projets numériques au château. — F. Elsner / 20 Minutes

Ce week-end, au château des Ducs de Bretagne, une cinquantaine de graphistes, designers et employés de musées vont participer à la 3e édition de Muséomix. Durant trois jours non-stop, ce concours par équipes – qui aura lieu simultanément dans cinq autres musées français et étrangers – vise à mettre au point une dizaine de prototypes innovants, afin de mettre en scène de façon originale les collections du musée d'histoire de Nantes. Les «muséogeeks» devront par exemple travailler sur l'enceinte de la ville au XVIIe siècle, les objets publicitaires de l'ancienne biscuiterie LU ou encore la salle consacrée à la traite négrière. Lors de la seconde édition, au musée gallo-romain de Fourvière (Lyon), des robots sur roues tournaient ainsi sur une mosaïque ancestrale pour expliquer les règles des courses de chars sous l'Antiquité… « En général, les geeks ne sont pas des fans de musées», sourit Christophe Courtin, responsable des projets numériques au château des Ducs de Bretagne. « Ils pensent que ce sont des lieux poussiéreux et dépassés... Avec Muséomix, ils se rendent compte au contraire que ce sont des endroits vivants, mais aussi, pour eux, des terrains de jeu à investir. »

Entrée gratuite pour tous


Ce week-end, un «Tech Shop» mettra ainsi à leur disposition des iPad, des capteurs de son et plein d'autres outils high-tech pour qu'ils concrétisent leurs idées. Un «atelier de prototypage rapide» – avec scies sauteuses, imprimantes 3D et autres machines de découpe laser – sera également aménagé dans l'enceinte du château. Le public pourra découvrir gratuitement leurs inventions dimanche, de 16 h à 18 h, mais aussi lundi toute la journée. Certaines pourraient même rester en place après l'événement. « Nous avions bien déjà des outils numériques pour présenter nos collections, mais il s'agissait de commandes que nous avions passées nous-mêmes, avec des idées bien précises », confie Bertand Guillet, directeur du château. « Là, ce qu'on veut, c'est être surpris. »

■ Un « regard neuf »

Un tiers des « muséogeeks » inscrits ne sont pas de la région (Dieppe, Strasbourg, Paris...). Ils pourront ainsi apporter un « regard neuf » sur l'histoire de Nantes et les collections du musée.