Bien plus de bruit si l'aéroport reste

Frédéric Brenon

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Si Nantes-Atlantique était maintenu, le nombre d'habitants gênés par le bruit serait très supérieur, selon la DGAC.
Si Nantes-Atlantique était maintenu, le nombre d'habitants gênés par le bruit serait très supérieur, selon la DGAC. — F. Elsner/20 Minutes

Les nuisances sonores à la population seront nettement augmentées si Nantes-Atlantique ne ferme pas. C'est ce qui ressort de l'étude de bruit portant sur un maintien d'activité de l'actuel aéroport, dévoilée lundi par la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Un travail réalisé à la suite des demandes des opposants à un nouvel aéroport.

Urbanisation menacée


Concrètement, plus de 57 000 personnes seraient concernées en 2030 par le plan d'exposition au bruit (PEB) de Nantes-Atlantique, contre 45 800 habitants selon le PEB actuellement en vigueur. Un chiffre basé sur un trafic prévisionnel de 6 millions de passagers et 68 600 mouvements d'avions par an. Dans ce scénario, la zone C du PEB – celle qui interdit toute nouvelle construction de logements compte tenu des nuisances – recouvrirait Atout sud, une bonne partie de l'ouest de l'île de Nantes et le sud du centre-ville. Des projets urbains tels que la transformation des anciens abattoirs de Rezé ou l'après Hôtel-Dieu s'en trouveraient menacés. Dans le PEB actuel, la zone C effleure à peine l'île de Nantes.

Pour justifier cette évolution, la DGAC explique que les avions seront « plus gros donc plus bruyants », que la hausse de trafic obligera à un « recours accru aux atterrissages par le nord » (en survol de Nantes), et que l'actuel PEB est « moins sévère que ce qu'il devrait être », car il « intègre déjà un départ de l'aéroport ».

Les simulations indiquent également que, si le trafic de Nantes-Atlantique grimpait à 9 millions de passagers, jusqu'à 79 000 personnes seraient exposées au bruit des avions. « Cette étude confirme les avantages du transfert sur le nouveau site de Notre-Dame-des-Landes, pour lequel la population impactée par les nuisances sonores ne dépassera pas 2 700 personnes à terme », conclut la DGAC.

■ Forte croissance du trafic

Le trafic à Nantes-Atlantique a augmenté au rythme de 5,2 % par an entre 1986 et 2012, passant de 950 000 à 3,5 millions de passagers. « C'est deux à trois fois plus vite que dans le reste de la France », compare la DGAC. Le trafic pourrait atteindre 4,9 millions de passagers à l'horizon 2020.