Un emploi au fond du jardin

Guillaume Frouin

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Elodie Paraïso a découvert le maraîchage grâce au " Jardin de Cocagne ".
Elodie Paraïso a découvert le maraîchage grâce au " Jardin de Cocagne ". — F. Elsner / 20 Minutes

Il y a peu, la fondation Veolia Environnement a fait un chèque de 10 000 € au « Jardin de Cocagne nantais ». Un coup de pouce bienvenu pour cette association de « réinsertion sociale et professionnelle », qui fait pousser depuis 2006 des légumes bio dans ses serres et ses cultures en plein champ à Carquefou. Son originalité ? Elle emploie dix-neuf chômeurs de longue durée, allocataires du RSA ou jeunes des quartiers envoyés par les services sociaux.

Des livraisons dans Nantes


Depuis dix-huit mois, quatre d'entre eux travaillent sur une nouvelle activité : ils assurent le conditionnement et la livraison de légumes produits à l'extérieur par une quarantaine d'agriculteurs bio des Pays de la Loire. Ces « Paniers Bio Solidaires », livrés dans trente-cinq points de dépôt à Nantes (boulangeries, crêperie, station essence…), rencontrent un grand succès : une troisième tournée hebdomadaire va bientôt devoir être mise en place. « Les légumes ne sont qu'un prétexte : cette activité permet de les former aux métiers de la logistique, là où il y a de l'emploi », explique Marianne Loustalot, directrice du « Jardin de Cocagne nantais ».

Découvrir le maraîchage


Pour certains, la découverte du maraîchage est aussi une vraie bonne surprise. « Il y a du boulot, et les horaires sont corrects », reconnaît ainsi Elodie Paraïso, une jeune femme de 25 ans venue de la Bottière. Formée initialement à la « mécanique productique », cette mère d'un petit garçon de 4 ans a dû refuser un contrat à Saint-Nazaire il y a un an : les journées de travail étaient en 3x8, des horaires incompatibles avec sa vie de famille… Depuis, Elodie faisait des ménages.

■ Un objectif de retour à « l'emploi durable »

Une psychologue intervient aussi à mi-temps à l'association. « Beaucoup ont une image extrêmement négative et dégradée d'eux-mêmes : quand on n'a pas bossé pendant deux ans, on a le sentiment d'être un bon à rien», note sa directrice. Le Jardin de Cocagne, qui n'a pas d'objectif de chiffre d'affaires, s'astreint par contre à faire revenir au moins la moitié de ses stagiaires à un « emploi durable » (CDI, CDD de plus de six mois, formation qualifiante…).