Se souvenir des Tziganes internés

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Raymond Gurême, nomade, a été interné lorsqu'il avait 15 ans.
Raymond Gurême, nomade, a été interné lorsqu'il avait 15 ans. — Bertrand Guay/AFP

Près de 70 ans après la libération des derniers Tziganes internés en France, une exposition sur cet épisode peu connu de la Seconde guerre mondiale vient de débuter à Moisdon-la-rivière, près de Châteaubriant. Cette exposition qui prend la forme d'un parcours mémoriel est présentée dans un lieu méconnu mais révélateur de la répression qu'a subie cette communauté durant l'occupation : l'ancien camp de la Forge. Plus de 600 réfugiés républicains espagnols ont été détenus à partir de 1939 dans cette ancienne ardoiserie, remplacés à partir d'avril 1940 par des centaines de Tziganes. Les conditions de vie étaient très dures, en particulier en hiver. L'endroit fut d'ailleurs jugé tellement insalubre qu'il finit par être fermé en 1942. Il restait alors 267 internés, dont 150 enfants.

Morts du camp de la Forge


« Dens enfants sont morts, on ne sait pas combien parce qu'on ne retrouve pas grand-chose… On sait aussi qu'il y a eu de la solidarité locale, des gens qui portaient de la nourriture par exemple. Aujourd'hui, un anti-tziganisme fort s'installe en Europe. Les familles ont peur, elles le disent. Je crois qu'il faut connaître cette histoire pour que ça ne recommence pas », rapporte le prêtre Christophe Sauvé, administrateur de l'association départementale des gens du voyage, qui coorganise de l'événement. Entre 6000 et 6500 Tziganes furent internés en France jusqu'en 1946. A Moisdon, la plaque commémorative n'a été posée qu'en 2010. F.B. (avec AFP)