La musique de la discorde du FCN

David Phelippeau

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Cissokho (au premier plan) semble se muer en chef d'orchestre alors qu'il n'aime pas le rap américain au stade.
Cissokho (au premier plan) semble se muer en chef d'orchestre alors qu'il n'aime pas le rap américain au stade. — F.Elsner / 20minutes

Ils rêvent tous d'un référendum. D'avoir leur voix au chapitre musical. De nombreux aficionados du FC Nantes ne supportent plus la musique qui retentit à l'entrée des joueurs juste avant le coup d'envoi. La saison dernière, les baffles crachaient du Beyonce (« Until the end of time ») à l'entrée des acteurs sur la pelouse. Depuis le début de la saison, on a troqué le RnB pour du rap américain. Rick Ross, Wiz Khalifa et Jay-Z en duo avec Kanye West résonnent les soirs de match à la Beaujoire. Une programmation musicale concoctée par certains joueurs (Deaux, Bessat, Pancrate) et validée ensuite par Franck Kita, le directeur général délégué du club, qui – ça tombe bien – est un inconditionnel de rap américain. En attendant, ce choix de mélodies ne plaît pas à tout le monde. Surtout à une grande majorité des supporters. «Ça fait ambiance NBA, qui ne nous ressemble pas», regrette un accro au FCN sur Twitter. «Wiz Khalifa par exemple est loin d'être un mauvais choix en terme de rap, poursuit Pierre. Cependant, il est vrai que ce n'est pas approprié pour l'entrée des joueurs.»

John Miles, le symbole de la grande époque


«Remettez-nous du rock», lance Thibault sur Facebook. Et une musique revient de manière quasiment systématique : «Music was my first love» de John Miles. Ce titre plutôt pop-rock de 1976 a accompagné l'entrée des joueurs du FC Nantes pendant des décennies. Manifestement, il aurait été supprimé un an après l'arrivée en 2007 du président Waldemar Kita.

«Revenons à ce classique», exhorte un supporter nostalgique. «A chaque match à domicile, je pense à John Miles en me disant que cette musique représente autre chose que l'actuel !», peste un autre aficionado. «John Miles, c'est le symbole d'une période, on l'entendait avant que ça aille mal pour le club», explique Romuald, de la Brigade Loire. Certains imaginent bien une musique plus «locale» (C2C…) ou plus «bretonnante», mais beaucoup rêvent surtout d'être consultés sur le sujet. La direction a été prévenue, mais elle ne semble pas favorable à ce type de procédé démocratique.