Un «maire» pour mettre la nuit en pleine lumière

Guillaume Frouin

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Erwan Coutant, musicien de 33 ans, est l'un des six premiers candidats à l'élection du " maire de la nuit ".
Erwan Coutant, musicien de 33 ans, est l'un des six premiers candidats à l'élection du " maire de la nuit ". — F. Elsner/20 Minutes

Qui veut être le premier «maire de la nuit» de Nantes ? La liste des candidats – qui contient déjà six noms – sera close ce mercredi soir. Le premier tour de l'élection aura lieu sur Facebook entre le 18 octobre et le 5 novembre, avant un second tour le 9 novembre – avec urne et assesseur – dans les bars et salles de spectacles qui le souhaitent. Un très sérieux «débat de l'entre-deux-tours» est même prévu.

En jeu, un mandat honorifique, qui se terminera le soir du second tour des élections municipales en mars : le «maire de la nuit» devra interpeller d'ici là les différents candidats sur les problématiques des noctambules (nuisances, transports, ouverture des commerces…). Un «totem physique» pour ces invisibles, donc, qui devra préparer le terrain à une future «instance collective» auprès des pouvoirs publics.

Rennes, le contre-exemple


«La plupart du temps, le débat se fait entre professionnels de la nuit, riverains et municipalités», observe Quentin Vallier, musicien de 24 ans et membre du «collectif citoyen» qui organise l'événement. «Les usagers sont souvent le chaînon manquant de cette discussion.»

On l'aura donc compris : l'élection n'a «rien d'une farce ou d'un simple simulacre». Mathieu et Yorrick, deux «noctambules actifs» de 26 et 31 ans, ont ainsi déjà prévu d'organiser le 25 octobre un «meeting» dans un bar.

Erwan Coutant, lui, a pris la tête d'une liste de six noms. «Depuis que je me suis installé ici en 1998, j'ai toujours eu des endroits où sortir», explique ce musicien de 33 ans. «Mais Nantes reste une ville assez bourgeoise, on peut donc se demander si ça va perdurer.» Rennes est ainsi le «contre-exemple» à ne pas suivre. «Ça bougeait beaucoup il y a dix ans… Mais une sorte de ras-le-bol politique s'est instauré. Depuis, les bars doivent fermer beaucoup plus tôt.»