Les élus disent non au dimanche

Frédéric Brenon

— 

L'agglomération est l'une des rares à refuser toute ouverture dominicale.
L'agglomération est l'une des rares à refuser toute ouverture dominicale. — F. Elsner / 20 Minutes

«Ça démontre que la sixième ville de France, malgré son ambition, n'est pas près d'être une vraie métropole européenne. On empêche la liberté d'entreprendre et de travailler Il suffit de voyager pour voir que ça ne se passe pas comme ça ailleurs.  » Jean-François Gendron, président de la chambre de commerce et d'industrie (CCI), était particulièrement remonté lundi midi à l'issue du vote du conseil communautaire de Nantes métropole.

Les élus de l'agglomération se sont en effet majoritairement prononcés contre une ouverture des commerces le dimanche avant les fêtes. Et ce alors que la loi permet aux maires d'autoriser jusqu'à cinq ouvertures dominicales par an sur leur commune. Le débat a été particulièrement vif en séance. Applaudi par les commerçants présents dans l'assistance, Joël Guerriau (UDI), maire de Saint-Sébastien, a défendu l'idée d'une ouverture limitée à deux dimanches après-midi : « La position de Nantes métropole est la même depuis 1996. Mais, depuis, le monde a changé! Où est la cohérence puisque même Saint-Nazaire autorise l'ouverture depuis l'an passé ? Les retombées y ont été positives. »

Droit à l'expérimentation


« Si l'on autorise l'ouverture, on doit le faire sur l'ensemble de la commune, sans différence. Il est probable que les grandes surfaces en tirent davantage parti que le centre-ville. D'autre part, si un maire autorise, les voisins seront obligés de suivre. C'est pour ça qu'il faut une décision collective », justifie Gilles Retière (PS), maire de Rezé. Laurence Garnier (UMP), élue à Nantes, appelle à « faire confiance aux commerçants » lesquels « savent mieux que les élus ce qui est bon pour eux ». Yves Aumon (DVD), adjoint à Saint-Sébastien, réclame un « droit à l'expérimentation » afin d'en « avoir le cœur net ». « C'est plutôt le droit à l'exploitation », s'insurge Yann Vince (PC), élu de Rezé. « Ouvrir des brèches serait malheureux, considère Joseph Parpaillon (DVD), maire d'Orvault. Dans un contexte difficile, il y a des repères qu'il faut savoir garder. »

■ Salariés réfractaires

D'après une enquête de la CFDT réalisée auprès de 195 salariés du centre-ville de Nantes, 57 % ne veulent pas travailler le dimanche. Un chiffre qui grimpe à 66% hors du secteur de la restauration.