Du sel pour stopper la jussie

Guillaume Frouin

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La plante, importée d'Amazonie, a colonisé les canaux et prairies de Brière.
La plante, importée d'Amazonie, a colonisé les canaux et prairies de Brière. — F. Elsner/20 Minutes

C'est un projet inédit : depuis le début de la semaine, de l'eau salée est injectée dans l'eau douce des marais de Brière, à l'occasion des grandes marées, pour tenter d'enrayer la prolifération de la jussie. Car l'arrachage de cette plante ornementale originaire d'Amazonie – vendue au départ en jardineries pour décorer les mares et bassins de particuliers – ne suffit plus : depuis 1996, elle a colonisé 210 km de canaux et fossés et 520 ha de prairies humides.

Risques d'inondations


L'expérimentation va ainsi être menée sur trois ans, sur le seul canal du Priory et ses douves adjacentes, à l'aide de barrages temporaires. Elle va consister à mesurer l'impact de l'eau salée sur la jussie, mais aussi sur le reste de la faune et de la flore. Les éleveurs, eux, sont très demandeurs : la plante leur cause une perte de surface agricole utile (SAU)… et donc d'aides publiques. Elle forme aussi un « tapis » sur l'eau, qui peut s'avérer dangereux pour leurs bêtes. Enfin, la plante pourrait faire inonder les maisons voisines du marais, en réduisant leur capacité d'absorption en eau… « C'est comme si vous laissiez des cheveux dans le siphon d'une baignoire », compare un paysan.

En attendant, cela semble le bon moment pour mener ce test. « Actuellement, des quantités importantes de boutures s'accumulent, et risquent d'être disséminées sur les prairies dès les premières crues d'automne », explique le Syndicat du bassin versant du Brivet (SBVB), qui pilote le projet. « Par ailleurs, les eaux basses facilitent l'envoi d'eau salée. »