La ligne malade n'a pas encore touché les fonds

Guillaume Frouin

— 

Sur la ligne Nantes-Saint-Gilles, lundi.
Sur la ligne Nantes-Saint-Gilles, lundi. — F. Elsner/20 Minutes

Ce mardi, une réunion sur les projets ferroviaires est prévue à la préfecture. Il devrait y être question de la deuxième phase de la rénovation de la ligne Nantes-Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) : son état « lamentable », selon la région, a contraint la SNCF à y réduire la vitesse des TER depuis février 2012. Et, récemment, les cheminots CFDT ont révélé que 80 éclisses – ces plaques qui unissent les rails – étaient fissurées. Quelque 160 trains ont ainsi été supprimés entre janvier et juillet.

Un ultimatum lancé


Reste que la facture s'annonce salée : 109 millions d'euros, pour réparer quelque 85 km de voies. Les travaux doivent normalement démarrer dans un an… sauf qu'aucun accord financier n'a encore été trouvé entre l'Etat et les collectivités locales. La région a ainsi lancé un ultimatum à l'Etat, pour entamer un tour de table financier « sous deux mois ». « Normalement, nous, on ne devrait rien mettre : c'est de la compétence de Réseau ferré de France et de l'Etat », s'exaspère son vice-président (PCF) Gilles Bontemps. « Mais si on ne met rien, il n'y aura rien ! On est donc contraint et forcé de financer des trucs qu'on ne devrait pas payer. »

La région acceptera d'autant moins un retard dans le début des travaux qu'il avait pré-financé des études pour avancer de deux ans le calendrier… Mais, pour l'Etat, il n'y a pas le feu au lac. « Le dossier est bien identifié par le préfet de région, les négociations vont très rapidement démarrer », temporise-t-on à la préfecture.

■ Boycott

En 2011, le conseil régional avait déjà boycotté l'inauguration de la première tranche de travaux entre Nantes et Sainte-Pazanne pour protester contre une « vraie dégradation du service ».