La nouvelle provocationde Tony Meilhon

Guillaume Frouin

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Il est toujours difficile d'indemniser la peine des proches de la victime d'un meurtrier. Lundi, ceux de Laëtitia Perrais ont pourtant dû se prêter à l'exercice. Tony Meilhon – condamné en juin à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une peine de sûreté de vingt-deux ans et d'un possible placement en rétention de sûreté pour le meurtre de l'adolescente – s'était exceptionnellement invité à l'audience, par le biais d'une visio-conférence depuis le centre pénitentiaire de Rennes.

« Je m'attendais à plus »


Franck Perrais, le père de Laëtitia, a ainsi réclamé 45 000 € pour son « préjudice d'affection ». Son avocat Benoît Poquet a demandé 55 000 € supplémentaires pour le « préjudice d'effroi » de sa fille, concept récemment reconnu par la cour de cassation. La mère de l'adolescente, elle, a sollicité 70 000 € de dommages et intérêts. Jessica, la sœur jumelle de Laëtitia, 55 000 €. Une somme « supérieure à la jurisprudence », convient son avocate Cécile de Oliveira, justifiée par la « proximité particulière » entre les deux sœurs. Mais qui reste « assez dérisoire » pour Tony Meilhon. « Je m'attendais à payer des sommes beaucoup plus conséquentes », lâche le meurtrier de Laëtitia depuis sa prison. « Je trouve ça même un peu ridicule.... Limite, ça me révolte. » Des propos pleins de cynisme, qui rappellent ceux de son procès en juin : il avait réclamé la prison à vie pour son crime... ce qui ne l'avait pas empêché de faire appel du verdict.

■ Délibéré

La cour d'assises se prononcera sur ces demandes d'indemnités le 12 novembre. Celles des Patron, la famille d'accueil de Laëtitia, et celles de la mère de Tony Meilhon, avaient été rejetées en juin.