Pas emballés par le mercredi matin

Frédéric Brenon

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Parents et enfants ont expérimenté leur premier mercredi matin de classe.
Parents et enfants ont expérimenté leur premier mercredi matin de classe. — F. Elsner/20 Minutes

Au lendemain de la rentrée des classes, près de 260 écoles de Loire-Atlantique ont rouvert leurs portes ce mercredi matin. Une nouveauté voulue par la réforme des rythmes scolaires. A l'école Gustave-Roch à Nantes, où la cloche a sonné à 9 h 15, cette première a été accueillie avec scepticisme par les parents.

Principal motif d'inquiétude : la sortie de classe. « Il faut venir le chercher à 12 h 15 et, avec mon travail, ça va être très juste. Pour le reste de l'année, je ne sais pas comment on va s'organiser », s'interroge Alexandra, dont le fiston effectue sa première rentrée. « Avec mes horaires décalés, je n'ai pas encore la solution, constate Cathy, maman aide-soignante. Trouver une nounou pour une demi-journée c'est très compliqué. Et le centre de loisirs, il n'y a pas de place pour tout le monde. » « Nous, on a de la chance, les grands-parents s'en occupent », se réjouit Tanguy, père de deux fillettes. Katy, elle, vit seule avec ses deux bambins de CE1 et grande section. « Pour l'instant je suis en recherche d'emploi, donc disponible. Mais avec un nouveau travail en cours d'année, comment cela va se passer ? Pourrais-je tout accepter ? C'est malheureux à dire, mais ça incite à rester chez soi. » « C'est le flou, c'est le stress. Entre le centre aéré, le périscolaire, l'école le mercredi, nos enfants ont du mal à suivre. Normal, vu que les parents ne captent rien non plus ! », estime Saïda, mère célibataire en école d'infirmière.

« J'ai peur que ce soit dur »


Autre sujet d'interrogation récurrent : la fatigue. « Avec le périscolaire le soir, ça fait les mêmes journées qu'avant mais avec une matinée de plus. Même si les cours sont mieux étalés, j'ai peur que ce soit dur à la longue », craint Stéphane. « Le mercredi matin, ça leur faisait une pause, surtout qu'ils font du sport l'après-midi. Et puis ils pouvaient un peu profiter de la soirée du mardi. Ça c'est fini », déplore Virginie, mère de trois enfants. « Le bilan, on pourra le faire à Noël, pas avant, temporise Tanguy. Heureusement, mes filles adorent l'école. Elles iraient le dimanche s'il fallait.» Chiche ?

■ L'intérêt de l'enfant

« Oui il faudra du temps. Oui il faudra évaluer. Mais cette réforme attendue est menée dans l'intérêt de l'enfant et de sa réussite », rappelle Johanna Rolland, 1ère adjointe PS au maire de Nantes.