Pièces de transatlantique à débattre

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Jusqu'à tard dans la soirée, l'hôtel des ventes de Nantes affichait salle comble hier. Une bonne centaine d'acheteurs, de passionnés ou de simples curieux avaient fait le déplacement pour une journée d'enchères que tous annonçaient comme « exceptionnelle ». Plus de 700 lots en provenance des cent paquebots français les plus prestigieux étaient en effet mis à prix. « Des ventes comme celle-là, il n'y en aura pas beaucoup dans le monde cette année, sourit le commissaire-priseur Henri Veyrac. On a un volume d'objets très divers. Cela va des photographies d'époque à 30 e jusqu'aux chaises-transats que l'on pouvait trouver sur le pont principal du France, estimées à 2 500 e. » Gérard Boucher, expert et organisateur de la vente, confirme : « L'hôtel des ventes de Nantes est reconnu comme l'une des places fortes européennes en matière d'objets de paquebots. Il y a ici des pièces que je n'avais jamais vues depuis vingt ans. »

Collecté depuis plus de deux ans auprès de marchands ou de particuliers, l'ensemble des lots réservait quelques morceaux de choix. Comme cette réunion de six fauteuils réalisés par Jules Leleu pour le paquebot Ile-de-France, évaluée entre 8 000 et 10 000 e, cette pendulette Ato-Lalique, offerte pour le voyage inaugural du Normandie, estimée entre 4 000 et 6 000 e, cette barre à roue de l'Edinburgh Brown datant de 1865 et évaluée à 2 800 e, ou cette gouache de Goërg adjugée 4 000 e. Et le plus souvent, ce sont les collectionneurs étrangers qui raflent la mise : américains, russes, suisses ou britanniques, ils transmettent leurs ordres d'achat par téléphone. Les musées nationaux sont là aussi, à l'affût de bonnes affaires. « La vaisselle se vend très bien, constate Gérard Boucher. Il ne faut pas oublier qu'à l'époque, l'art de la table à la française faisait la réputation de nos navires. Certains liners étaient de véritables vitrines d'art flottantes. » Dans la salle, Sébastien s'enthousiasme : « Ces objets représentent beaucoup, c'est l'évocation de tout notre passé maritime. Beaucoup de familles ont participé à la construction de ces paquebots dans la région. »

Frédéric Brenon