A Carquefou, il y a du pillage jusqu'au bout…

David Phelippeau

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Matthias Jouan, milieu de terrain de Carquefou, a décidé de partir.
Matthias Jouan, milieu de terrain de Carquefou, a décidé de partir. — F. Elsner/20minutes

N'Gosso à Luzenac, Martin à Niort, Bekamenga à Laval, Delanoë à Luçon, Jouan vers une destination inconnue, Thomas bientôt dans un club de haut de tableau de L2... Quand la saignée va-t-elle prendre fin à Carquefou ? En quelques semaines, le club, surprenant 7e pour sa première saison en National, a perdu la moitié de ses joueurs cadres. «Il n' y a aucune surprise», estime l'entraîneur Denis Renaud. Un coach qui rappelle qu'il avait tiré la sonnette d'alarme le 26 mai dernier dans les colonnes de nos confrères de Ouest-France. «On a besoin de sponsors, de budget supplémentaire pour garder les meilleurs et recruter de la qualité. Sinon, c'est un projet qui va tomber à l'eau», avait-il lancé. Certains l'avaient trouvé sévère ou trop alarmiste. «Il se passe ce que j'avais dit, indique-t-il maintenant. Ce n'était que la vérité. On n'est plus en CFA 2, mais on est en National…» Avec 1, 7 million d'euros, Carquefou possède l'un des plus petits budgets de la division. «On vient de faire une excellente saison. Résultat, soit les joueurs vont voir au-dessus, soit ils vont dans un club qui les paie mieux. Tu ne peux pas les retenir. Des collègues entraîneurs m'avaient dit il y a un an qu'il valait mieux finir 14e. Je comprends mieux.»

L'été ne va pas être de tout repos pour Denis Renaud, qui passe ses journées au téléphone. «Je vais tout faire pour bâtir une équipe compétitive», insiste-t-il. Mais pour le technicien, qui a plutôt une âme de bâtisseur sur du long terme, le défi est lassant. «On va repartir à zéro. C'est usant physiquement et mentalement. C'est frustrant quand tu aimes t'appuyer sur un groupe. Plus tu changes tous les ans, plus tu as de risques de te planter.» Et Renaud de prévenir : «Les gens pensent que le miracle peut se reproduire, attention, méfiance !»