La galère des Roms se poursuit

Guillaume Frouin

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On compte entre 800 et 1 200 Roms migrants sur l'agglomération nantaise.
On compte entre 800 et 1 200 Roms migrants sur l'agglomération nantaise. — F. Elsner / 20 Minutes

En août 2012, une circulaire interministérielle avait insufflé un vent « d'espoir » au sein du collectif Romeurope, qui regroupe une vingtaine d'associations et des citoyens engagés dans la défense des droits des Roms dans l'agglomération nantaise. Si les instructions gouvernementales n'écartaient pas les évacuations de camps illégaux, elles les assortissaient en effet de « mesures d'accompagnement » et de « solutions d'hébergement ».

« On était bien contents quand cette circulaire est sortie », se rappelle Annie Richard, porte-parole du collectif, qui avait rencontré les services locaux de l'Etat peu après. « Pour la première fois, on avait entendu le préfet dire que les choses devaient se traiter localement, et non pas ailleurs. » Seulement voilà : dix mois plus tard, « rien n'a changé ». Les courriers au préfet restent lettre morte, tandis que les « expulsions sans solutions » continuent. Une dizaine ont ainsi eu lieu depuis janvier, affirme le collectif, et au moins une demi-douzaine de procédures sont en cours.

Un « manque de courage »


Une situation peut-être due à un « manque de courage politique », « du préfet mais aussi des collectivités locales », souligne Romeurope. Surtout à l'approche des élections municipales. « Si certains élus écoutent les plus virulents de leurs administrés, qui les harcèlent de plaintes, ils ne prennent pas le temps d'écouter les autres », pense Annie Richard.

Laurentiu Nica, un Roumain de 28 ans d'origine rom, n'a lui non plus pas vu de changement dans sa vie quotidienne. Cet auto-entrepreneur, spécialisé dans le commerce de voitures, vit toujours avec son fils de 2 ans dans leur caravane, installée dans le camp de la rue de la Dutée à Saint-Herblain, avec sept autres familles. L'eau y est prélevée sur une borne à incendie, et l'électricité prise sur un « branchement nomade ». « La vie est très difficile, à cause des problèmes d'hygiène », soupire le jeune homme. « Pourtant, je travaille et je paye mes impôts en France ! »

■ Réaction

La préfecture se défend de ne pas appliquer la circulaire. « Une dizaine de campements ont fait l'objet de diagnostics individuels préalables, ce qui représente une centaine de familles », dit-elle.