Prison à vie pour Tony Meilhon

JUSTICE Il a écopé de la peine maximale pour le meurtre de Laetitia Perrais en 2011...

Guillaume Frouin

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Dessin représentant Tony Meilhon durant son procès à Nantes, le 22 mai 2013.
Dessin représentant Tony Meilhon durant son procès à Nantes, le 22 mai 2013. — BENOIT PEYRUCQ/AFP

C’est le maximum prévu par la loi. Sans surprise, la cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné mercredi Tony Meilhon à la réclusion criminelle à perpétuité – assortie d’une peine de sûreté de vingt-deux ans puis d’un possible placement en rétention de sûreté – pour avoir enlevé et tué Laëtitia Perrais en janvier 2011 près de Pornic.

Son avocat, Fathi Benbrahim, a d’ores et déjà annoncé qu’il allait «discuter» avec son client de la possibilité de faire appel de cette décision «sévère», mais conforme aux réquisitions de l’avocate générale.

Un complice «fantomatique»

Un peu plus tôt dans la journée, celle-ci avait en effet démonté la thèse de l’accusé – qui dit avoir heurté involontairement le scooter de l’adolescente de 19 ans, de l’avoir enlevée «dans la panique» puis l’avoir poignardée de quarante-quatre coups de couteau «pour faire croire à un crime». Un enlèvement donc «par inadvertance», avait froidement ironisé l’avocate générale, suivi d’un meurtre «par erreur» et d’un démembrement fait par un complice «fantomatique».

En réalité, Tony Meilhon était, le jour du drame, en chasse d’une «conquête» féminine. Ce délinquant multirécidiviste de 33 ans aurait donc tué Laëtitia – sur qui il avait jeté son dévolu – pensant qu’elle allait porter plainte après lui avoir imposé une relation sexuelle...

«Prédateur sans scrupules»

«C’est un prédateur dépourvu de scrupules, qui devra accomplir un long chemin pour redevenir un homme digne de ce nom», assène Florence Lecoq.

L’avocat de Tony Meilhon a , lui, tenté de défendre l’indéfendable, en essayant de convaincre les jurés de la vraisemblance de son récit... Même s’il a avoué, lui-même, ne pas croire en l’existence de son «complice».

L’avocat de Tony Meilhon avait préféré axer sa défense sur l’enfance de son client, entre «une mère violée à l’âge de 15 ans» et «un beau-père violent et obscène».

Fathi Benbrahim a également pointé «l’échec patent» des foyers où il a été placé, ou les «défaillances» de l’institution pénitentiaire dans son suivi socio-judiciaire.

«Tony Meilhon est devenu un psychopathe à cause de tout cela, ce n’est pas un inadapté social par choix», a-t-il martelé.