Le compost dans les rayons

Frédéric Brenon

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Il avait fait parler de lui il y a un an en devenant le premier supermarché de France à composter l'ensemble de ses déchets. Aujourd'hui, le Super U de Nozay tire un bilan « 100 % positif » de son expérience. Au fur et à mesure de la journée, les invendus (produits abîmés ou périmés) sont mis de côté puis déversés dans un grand pavillon de compostage. Tout y passe : fruits, légumes, fleurs, mais aussi charcuterie, laitages, plats cuisinés, viennoiseries, poissons, conserves… «Tout peut être composté. Ça surprend énormément les gens», sourit Cédric Villette, responsable du magasin.

Des économies d'échelle


Empilés, mélangés à du broyat humide, les déchets se transforment au fil des semaines en fertilisant, qui « sera confié à une association ou servira aux espaces verts de la zone ». Mais pour l'instant, la matière se désagrégeant, « il reste de la place dans le pavillon ». L'intérêt de la démarche est environnemental, mais aussi financier. « En triant de la sorte, on apprend à mieux gérer nos stocks et commandes, poursuit Cédric Villette. Résultat : nos déchets baissent et on fait des économies d'échelle. C'est devenu une évidence, une culture d'entreprise. Même le recyclage des emballages s'est amélioré. Et les salariés ramènent cet état d'esprit chez eux. Avant, on jetait tout à la poubelle sans réfléchir. Avec le recul, c'était effarant. » Imitée par d'autres supermarchés, la méthode intéresse de nombreux secteurs. «Le principe est facile à dupliquer, conclut le responsable du magasin. On encourage tout le monde à venir voir comment ça se passe.»