Serge Charnay va revoir son fils

Guillaume Frouin

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Serge Charnay était resté perché en haut de la grue pendant quatre jours.
Serge Charnay était resté perché en haut de la grue pendant quatre jours. — F. Elsner/20 Minutes

En février, il avait défrayé la chronique en restant perché en haut de la grue Titan pendant quatre jours. Trois mois plus tard, Serge Charnay était de retour lundi sur l'île de Nantes. Cet ancien informaticien de 43 ans avait en effet rendez-vous au Palais de justice avec la mère de son fils Benoît – qu'il n'a plus vu depuis deux ans – dans le bureau du juge aux affaires familiales (Jaf).

Plus assagi qu'en février


Un premier « miracle », concède-t-il, au vu des délais habituels. « Si j'avais eu recours à une audience normale, j'aurais eu un rendez-vous dans six mois, et une décision trois mois après », est convaincu Serge Charnay. Mieux : le juge lui a proposé de revoir Benoît, à condition que leurs entrevues se passent dans les locaux d'une association spécialisée. La proposition devrait être formalisée « d'ici à la fin de la semaine », selon le père de famille, qui paraît plus assagi qu'en février. « Par le passé, j'ai été de plus en plus en colère, et ça m'a éloigné de mon fils », confie de sa voix douce Serge Charnay, son inamovible casquette Taman Negara vissée sur la tête. « Il faut aujourd'hui que je me réjouisse de tout ça : je n'ai pas le droit de me plaindre. »

L'homme n'entend toutefois pas abandonner son combat. Avec le camion dans lequel il vit, Serge Charnay est parti soutenir d'autres « papas en souffrance » en grève de la faim ou retranchés en haut de la cathédrale d'Orléans. « J'ai touché du doigt quelque chose d'absolument abominable : être privé de son enfant, il n'y a rien de tel… C'est comme être confronté au décès d'un enfant, sauf que, là, on le sait vivant. »