Elle s'estime discriminée en raison de son état de santé

Frédéric Brenon

— 

Françoise a-t-elle perdu son travail en raison de son état de santé ? C'est la question que devra trancher le conseil des prud'hommes de Nantes ce mercredi matin. Agée de 52 ans, cette Nantaise, dont la mission était de solliciter les passants dans la rue pour répondre à des enquêtes de satisfaction de produits, a saisi la justice pour faire reconnaître la discrimination dont elle se dit victime de la part d'une entreprise de sondages parisienne.

La médecine alerte l'employeur


Pendant trois ans et demi, Françoise a en effet enchaîné 84 CDD d'usage d'une durée de deux à cinq jours pour le compte de la société Reference Fieldwork. Mais tout s'est arrêté fin janvier 2012. « Cette précarité, ajoutée à des conditions de travail difficiles, l'ont poussée à signaler sa détresse à la médecine du travail. Le médecin a alors écrit à l'employeur pour l'alerter sur son état de santé. Et du jour au lendemain, elle n'a plus jamais été rappelée. Elle exprime une souffrance et on la punit !», s'indigne Philippe Gautier, défenseur syndical à la CGT.

« La société avait cessé de faire appel à elle dès début janvier car l'intéressée avait indiqué ne plus vouloir continuer ce travail de terrain fatiguant. Ça ne pouvait donc pas être lié à un courrier de la médecine du travail dont l'employeur n'avait pas encore connaissance », assure l'avocat de Reference Fieldwork. Françoise dément cette version. « Elle n'a jamais voulu mettre fin à son emploi. Si c'était le cas elle ne serait pas allée voir le médecin pour s'en sortir », répond la CGT.