Un promoteur fait main basse sur l'église

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Au départ, le promoteur était juste intéressé par la maison de retraite à côté. Rue Dugommier, entre l'ancien palais de justice et le boulevard Guist'hau, la chapelle des Jésuites est en cours de transformation pour accueillir un commerce, des bureaux et un loft.

Inscrite à l'inventaire des Monuments historiques, cette église du xixe siècle de 650 m2 a été au préalable désacralisée. Vendue par la congrégation, elle faisait partie d'un lot indivisible de plus de 2 700 m2, comprenant en outre une sacristie, une vaste cour, une habitation et une maison de retraite. Le tout a été acheté par un promoteur nantais, Bâti-Nantes. « Que faire d'un bâtiment comme celui-là pour qu'il soit économiquement viable sans choquer les gens ? Même désacralisé, il garde une connotation spirituelle », explique Christophe Desfossés, de Bâti-Nantes. Promoteur et architecte avaient ainsi travaillé au départ sur plusieurs idées, plus ou moins folles : « une patinoire de quartier avec une cafétéria à l'étage », « des logements en triplex » ou encore « un silo à parking de 90 places », avant d'opter pour le projet actuel.

Finalement, dès le mois prochain, un magasin de meubles en teck va s'installer dans la nef. Celle-ci, dont la voûte culmine à dix-sept mètres, a été séparée en deux étages par un plancher perché à sept mètres de haut. Un aménagement entièrement démontable soutenu par sept piliers et une poutre en acier : « Si, dans cent ans, ce que l'on a fait ne plaît pas, on pourra tout enlever », explique l'architecte, Jean Baillet.

Christian Gauvry

L'étage, avec ses dix mètres de hauteur sous plafond, abritera un ensemble de bureaux sur trois niveaux. Un loft de 180 m2 sera aussi créé sous la voûte de la chapelle. La rosace fera office de fenêtre.