L'agriculture aura sa zone protégée

Frédéric Brenon

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Parce qu'il voit disparaître chaque année près de 2000 hectares de terres agricoles (dont la moitié est bétonnée), le département de Loire-Atlantique a décidé de passer à l'offensive pour stopper l'hémorragie. Un périmètre de protection des espaces agricoles et naturels périurbains (PEAN) est ainsi en cours d'adoption pour le nord de l'agglomération nantaise.

Ce dispositif autorisé par la loi depuis 2005 permet aux collectivités d'interdire toute autre activité au sein du zonage défini, sans limite de temps, même en cas de vente d'une exploitation. Quelque 19 000 ha, établis sur neuf communes entre Orvault et Nort-sur-Erdre, sont concernées par le projet. Un secteur composé pour l'essentiel de surfaces agricoles et particulièrement convoité par les promoteurs immobiliers.

La profession satisfaite


« Le PEAN est une procédure lourde, compliquée. Seul un décret interministériel peut le modifier une fois adopté. Donc on n'en changera pas comme ça ! », assure Gilles Retière, président de Nantes métropole. « Il permet de lutter contre l'étalement urbain et la spéculation immobilière. C'est de notre responsabilité que de prévoir à long terme », renchérit Philippe Grosvalet, président du conseil général. Du côté des agriculteurs, la satisfaction semble aussi de mise. « C'est le dispositif dont on avait besoin, se félicite Paul Charriau, secrétaire à la chambre d'agriculture. Une vision à plus de vingt ans permet à l'agriculteur d'amortir son outil de travail et d'investir. Les jeunes vont pouvoir s'installer sereinement. »

Trois autres à l'étude


Quant aux critiques assimilant ce PEAN a une compensation à l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, les élus assurent qu'il n'en est rien. « L'enjeu va au-delà. Même les maires anti-aéroport sont d'accord », défendent-ils.Trois autres projets de PEAN sont à l'étude en Loire-Atlantique : l'un entre Bouguenais, Brains et Port-Saint-Père, un deuxième à Saint-Nazaire, un troisième à Guérande-La Turballe.