«Le SCO me veut vraiment à mort»

Propos recueillis par David Phelippeau

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" Cette saison, je n'étais même plus un deuxième choix mais un quatrième choix au milieu du terrain. "
" Cette saison, je n'étais même plus un deuxième choix mais un quatrième choix au milieu du terrain. " — F. Elsner/20minutes

Après plus de quatre années passées à la Jonelière, Ismaël Keita (22 ans) va partir en fin de saison. Sauf revirement de dernière minute – «je n'ai encore rien signé», dit-il en souriant –, le Malien va s'engager pour trois avec Angers SCO, qu'il soit en L2 ou en L1. Interview avec un joueur presque soulagé de quitter «son club de cœur».

Vous êtes arrivé en 2009 au FCN. Ça fait quoi de partir ?

Ça fait bizarre, mais c'est comme ça. Il faut que je reparte de l'avant, compte tenu de mes quatre années passées ici. Il y a eu des hauts et des bas. Ça fait presque deux ans que je ne joue plus. J'ai vécu deux saisons difficiles. Je me suis senti dans un placard…

Qu'avez-vous retenu de cette expérience nantaise [une quarantaine de matchs de L2] ?

Ce que j'ai compris, c'est que les coachs ont toujours raison. J'ai ma part de responsabilités. Je n'ai souvent pas voulu affronter la réalité en face. J'ai voulu par exemple aller en guerre contre le coach Chauvin et ça m'a vraiment porté préjudice ensuite…

Et cette saison, pourquoi ne jouez-vous pas ?

Cette saison, le coach Der Zakarian avait dit qu'il comptait sur moi… Lors du match de Coupe de la Ligue au tout début de la saison, à Angers, j'ai raté une occasion énorme et on a perdu. Depuis ce jour-là, j'ai l'impression qu'il a ça sur le cœur… Je n'ai fait ensuite que des bouts de match. Je n'étais même plus un deuxième choix, mais un quatrième choix au milieu du terrain. C'était mon destin. Je me dis que je n'étais pas fait pour réussir dans ce club. J'ai tout fait, mais je n'ai pas réussi. Il faut que j'aille voir ailleurs, même si j'ai beaucoup de respect pour le FCN et Franck Kita (directeur général délégué), qui m'a toujours beaucoup soutenu. J'ai besoin de jouer au football.

Angers, c'est une aubaine ?

C'est un truc énorme. Les dirigeants d'Angers SCO me suivent depuis trois ans. Ils sont même venus me voir quand je jouais avec l'équipe réserve. Ils croient en moi. J'ai une équipe qui me veut vraiment à mort. Je les remercie de me faire confiance.