Les naufragés du Belem s'en remettent à la justice

Guillaume Frouin

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Didier Raynaud, du syndicat Sud PTT.
Didier Raynaud, du syndicat Sud PTT. — F. Elsner/20 Minutes

Ce mardi, l'Assemblée nationale doit se prononcer sur le projet de loi de « sécurisation de l'emploi », qui reprend les dispositions de l'accord conclu le 11 janvier entre le patronat et trois syndicats (CFDT, CFTC et CFE-CGC). Sud PTT, de son côté, appelle à manifester  : avec ce texte – qui réduit le délai durant lequel un salarié peut recourir à un juge – il n'aurait « pas pu défendre correctement » les anciens précaires de La Poste.

Débarqués sans indemnités


Dix-huit d'entre eux, anciens CDD et/ou intérimaires, viennent en effet d'attaquer l'établissement aux prud'hommes. Au total, ils lui réclament plus d'un million d'euros, après avoir été débarqués sans la moindre indemnité du Belem. Conçu comme un centre de tri « anti-grèves » après le mouvement social de 1995, l'établissement de Chantenay a fermé ses portes en décembre dernier. Les trente-huit postiers titulaires qu'il employait ont été reclassés, mais pas ses précaires. Ils affichaient pourtant « douze ans d'ancienneté » en moyenne. Comme Paola, 50 ans, qui « galère » depuis de petit boulot en petit boulot, après onze ans passés à trier le courrier au Belem. « À la Poste, il y a la vitrine et la cuisine : d'un côté, elle revendique un»modèle social«, mais de l'autre elle institutionnalise la précarité », dénonce Didier Raynaud, secrétaire du syndicat Sud PTT en Loire-Atlantique et Vendée. Une quarantaine de dossiers similaires sont en cours, et une quarantaine d'autres vont être déposés d'ici juin.

■ Jurisprudence

Un ancien CDD du Belem vient déjà de faire condamner La Poste à lui verser 25 000 €. Il est désormais chef d'équipe dans le nettoyage. Ironie du sort : lui et son équipe ont été chargés de nettoyer le centre de tri de Chantenay après sa fermeture…