Les Bonaventura, arbitres en tous genres

David Phelippeau

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Vendredi et samedi, les deux arbitres natives de Marseille officieront au palais des sports de Beaulieu.
Vendredi et samedi, les deux arbitres natives de Marseille officieront au palais des sports de Beaulieu. — © Sportissimo/S.Pillaud

La paire sans doute la plus connue du handball français. Les sœurs jumelles Julie et Charlotte Bonaventura arbitrent depuis une décennie au plus haut niveau les filles et les garçons. Et le sexe leur est égal. Elles affirment l'une après l'autre qu'elles n'ont «pas de préférence». «Ce qui compte pour nous, c'est de prendre du plaisir sur le terrain», estime Charlotte. «On peut très bien s'ennuyer sur un match de garçons, poursuit Julie. On est comme des spectateurs, nous aussi, on peut s'ennuyer quand il n'y a pas de rythme, d'envie… En tout cas, nous, on n'est pas comme nos collègues masculins qui rechignent à faire des matchs de filles.» Dans l'élite masculine française, les Bonaventura se sont fait une place. Les suspicions autour de leurs compétences se sont dissipées.

Julie : «Les filles ne minaudent pas avec nous…»


«On arbitre même plus les garçons que les filles», note Julie. Et à les entendre, elles n'ont pas besoin d'en faire davantage auprès des hommes pour se faire respecter. «On garde la même ligne de conduite, on ne change pas notre façon d'arbitrer parce qu'on a des hommes en face, explique Julie. Ainsi, on n'est pas plus autoritaires avec les garçons. Les joueurs et les joueuses sont récalcitrants à trop d'autorité. On privilégie la communication à trop de fermeté et trop de coups de sifflet.» Les jumelles ne nient pas que les hommes ont parfois tendance à tomber dans un jeu de séduction. «Même si on fait de l'arbitrage, ça reste des rapports humains hommes-femmes, justifie Charlotte. Un clin d'œil, un joli sourire, c'est de la communication tout ça.» «Les femmes font exactement pareils avec nos collègues masculins, embraie Julie. En revanche, les filles n'essaient pas de minauder, car elles savent qu'avec nous, ça ne marche pas !»