Un nouveau pont qui ferait des vagues

Antoine Gazeau

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Quid du Navibus ou des cales ? Le projet pose des questions.
Quid du Navibus ou des cales ? Le projet pose des questions. — F. elsner / 20 Minutes

Il le brandit comme « l'Ancien testament ». Puis Jean Relet, président de la Maison des hommeset des techniques, lit le plan guide d'Alexandre Chemetoff, le premier urbaniste aux manettes sur le projet île de Nantes : il est question d'« ouverture de la ville sur la Loire », de « caractère maritime » et de « relation de la ville avec l'eau ». Surtout pas d'un pont entre la pointe ouest de l'île, à hauteur des premiers anneaux de Buren, et le quai Ernest-Renaud, près de la Chambre de commerce et d'industrie. C'est pourtant l'hypothèse qui met en rage Jean Relet, emblématique ancien de la Navale : « Ce serait un vrai abandon identitaire ! Ils casseraient la ville ! » A Nantes métropole, officiellement, un tel projet n'existe pas. Le scénario n'est pas non plus envisagé dans les plans de Marcel Smets, l'architecte urbaniste de l'île. Mais des pré-études auraient été réalisées. Et plutôt qu'un téléphérique ou un pont transbordeur, un pont fixe pourrait alléger le trafic dans sept ou huit ans. Une nécessité qui s'accentuerait si le CHU venait à déménager sur l'île de Nantes.

Exit le « Maillé-Brézé » ?


« Ne considérer que les besoins de la circulation automobile est une logique des années 1970 », s'insurge Claude Ertaud, président du collectif des associations du patrimoine industriel et portuaire nantais. Et puis, « quel sens aurait une telle barrière dans la promenade entre quai des Antilles et parc des chantiers », interroge Jean Relet. Plus largement, « c'est l'ensemble du trafic portuaire qui est menacé », anticipe Jean-Pierre Peyon, de Nantes la bleue. Avec un pont fixe pour fermer le bras de la Madeleine, fini la Solidaire du chocolat, voire les allers-retours du Navibus de la TAN entre Trentemoult et la gare maritime.

Exit, aussi, le Belem, le Maillé-Brézé, la barge Nantilus, le ponton flambant neuf du quai de la Fosse... Ils trouveraient refuge plus en aval, près de Chantenay. Quant aux cales de lancement des anciens chantiers, elles seraient mortes. « Ces gens-là ne sont ni marins, ni nantais, selon Paul Poirier, qui défend l'idée d'un pont transbordeur moderne. Ils sont simplement fous. » Message transmis à ceux qui se penchent sur les pré-études.