L'enfance terrible du paludier accusé

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Invariablement, à chaque procès, le schéma est le même. Hier, le paludier de 34 ans, accusé d'avoir délibérément écrasé Laurent Brachu au volant de sa fourgonnette après un anniversaire trop arrosé dans un bar de Guérande en décembre 2004, est revenu sur son enfance faite d'alcool et de violence. Son père, mort depuis d'un infarctus à l'âge de 56 ans, buvait et frappait sa mère.

Enfant « craintif » selon ses frères, Jérôme « se faisait dessus » dès que son père élevait la voix. « C'était le souffre-douleur des HLM », témoigne Stéphane, un ami, qui voit en l'accusé « un écorché vif ». « Il se prenait des gifles par tout le monde. » Convaincu d'être « mal aimé », le paludier s'est réfugié au moment du service militaire dans l'alcool, s'entourant de « copains de café ». Il s'est aussi mis à fumer du cannabis. « Cinq à six joints par jour », évalue l'intéressé. Le soir du drame, sa dernière consommation « remontait à quelques heures seulement », selon les analyses toxicologiques. Verdict vendredi.

G. Frouin