Une prison neuve déjà surpeuplée

Frédéric Brenon

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L'établissement, qui a ouvert en juin 2012, compte 610 places théoriques.
L'établissement, qui a ouvert en juin 2012, compte 610 places théoriques. — F. Elsner/20 MInutes

Neuf mois seulement après son ouverture avec environ 350 détenus, la nouvelle maison d'arrêt de Nantes a déjà dépassé sa capacité maximale théorique (610 lits). Depuis plusieurs jours, des matelas ont été ajoutés pour faire dormir les nouveaux arrivants. Comme c'était le cas dans l'ancienne prison du centre-ville. Les surveillants s'inquiètent.

« On est à une vingtaine de matelas posés dans des cellules censées être individuelles. Le quartier des arrivants et celui des femmes sont déjà pleins depuis l'automne. On s'attendait à ça, mais pas si vite », déplore Yann Hervé, représentant Ufap-Unsa. «Un établissement neuf déjà surpeuplé, c'est choquant, juge Samuel Gauthier, secrétaire CGT. En plus, le mobilier est ici scellé au sol, les cellules sont difficiles à aménager. On sait que la situation va empirer alors, forcément, tout le monde est anxieux. » Car les conséquences sont nombreuses : temps d'attente allongés pour les lieux limités en place (parloirs, salle de musculation, bibliothèque), services débordés (courrier, greffe, etc.), surveillants moins disponibles, développement du trafic, tensions accrues…

« Une cocotte-minute »


«Même si la prison est plus sécurisée que l'ancienne, ça fragilise le fonctionnement. Et on observe déjà une montée des agressions verbales», relève Yann Hervé. « On entend la grogne. Avec le temps, ça va devenir une véritable cocotte-minute», craint Samuel Gauthier. Pour eux, cette surpopulation s'explique par une « montée de la délinquance locale », par « des délestages de détenus venus d'autres établissements » et par « des peines favorisant l'enfermement ». « La maison d'arrêt serait plus grande, on la remplirait pareil. Il est urgent de porter un autre regard sur les peines alternatives », considère la CGT.